La ministre Guilbault s’était également portée à la défense du Port de Québec il y a quelques semaines, lorsque Le Devoir avait révélé que le projet d’agrandissement Beauport 2020 menaçait l’habitat du bar rayé, un poisson en voie de disparition.

Poussière au Port de Québec: la ministre Guilbault n’interviendra pas

La ministre responsable de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault n’a pas l’intention d’intervenir auprès du Port de Québec pour que cessent les épisodes de poussière sur le quartier Limoilou, comme le réclame le député solidaire Sol Zanetti.

Lors de l’étude des crédits à l’Assemblée nationale, le député de Jean-Lesage Sol Zanetti a voulu savoir si la ministre allait demander au port de Québec de mettre sous couvert toutes ses activités de transbordement de minéraux. «Non, parce que les activités portuaires sont évidemment très importantes pour l’économie régionale», a répondu Mme Guilbault, qui a par la suite ajouté que «le port a fait plusieurs efforts dans les dernières années», pour éviter que de tels épisodes se produisent.

«Je trouve un peu grave qu’aussi brutalement, la ministre de la Capitale-Nationale dise non», a spontanément réagi M. Zanetti. Selon lui, les quelques dizaines de millions de dollars nécessaires pour mettre sous couvert les activités de transbordement ne nuiraient pas à l’économie de la région, parce que les opérations se poursuivraient quand même. 

Appelée vendredi à préciser sa pensée, la ministre n’a pas voulu aller plus loin. Son cabinet a fait valoir que les activités du Port de Québec sont de juridiction fédérale. 

La ministre Guilbault s’était également portée à la défense du Port de Québec il y a quelques semaines, lorsque Le Devoir avait révélé que le projet d’agrandissement Beauport 2020 menaçait l’habitat du bar rayé, un poisson en voie de disparition. Encore une fois, la ministre avait évoqué les retombées économiques importantes et les emplois de qualité que ce projet amènera. 

En février dernier, la compagnie Arrimage Québec a été condamnée à verser une indemnité allant jusqu’à 200 $ aux propriétaires de plusieurs logements situés près du Port de Québec, pour avoir été à la source d’un épisode de poussière de rouge en 2012. 

Depuis ce temps, le Port de Québec a mis en place des mesures pour éviter qu’une telle situation se reproduise lors des activités de transbordement d’Arrimage Québec, comme des canons à eau, des capteurs de poussière et un système de surveillance en temps réel. 

Malgré cela, un citoyen a filmé un nuage de poussière s’élevant des installations portuaires de Beauport, le 2 juillet 2018. Un épisode reconnu par le Port de Québec, qu’il a qualifié d’«exceptionnel». 

«Méconnaissance»

Sol Zanetti croit que la poussière en provenance du port n’a rien d’exceptionnel et que le gouvernement du Québec doit intervenir pour protéger la santé des citoyens de sa circonscription. «Ce qui m’a le plus surpris, c’est la méconnaissance de la ministre de cet enjeu.»

Le député explique que Glencore, une compagnie qui loue des espaces à Arrimage Québec, fait déjà ses opérations de transbordement de vrac sous couvert. «La ministre ne peut pas se cacher derrière l’argument que c’est de compétence fédérale. Sur plein d’autres sujets, la CAQ fait pression sur le fédéral pour défendre les Québécois», commente M. Zanetti. 

Un rapport de la Santé publique dévoilé en février démontre que la qualité de l’air dans Limoilou est l’une des pires au Québec. La Santé publique pointe trois causes principales : le transport, les industries et le chauffage au bois.