La couleur turquoise du mur de conteneurs et la végétation proposées dans les esquisses pourraient changer selon les préférences du public.

Port de Québec: un mur de conteneurs sur la plage

Le Port de Québec propose un mur stylisé et végétalisé de trois conteneurs de haut pour séparer la plage de la baie de Beauport et le terminal de conteneurs planifié dans le secteur.

L’Administration portuaire de Québec (APQ) tient mercredi, entre 12h et 20h, une journée de consultation de type portes ouvertes sur son projet d’agrandissement Beauport 2020. L’accent est mis sur la proposition d’y transborder des conteneurs et sur l’abandon du brise-lames à l’extrémité nord de la plage. Toutes les questions peuvent tout de même être abordées par les citoyens, assure le président-directeur général de l’APQ, Mario Girard.

Son organisation a profité de l’occasion pour présenter des esquisses du mur envisagé pour bloquer la vue et le son des futures installations. Au lieu d’un talus végétal, comme c’est le cas actuellement, il est proposé d’empiler des conteneurs sur une distance d’environ 270 mètres à la jonction de la plage et de la nouvelle ligne de quais.

Les conteneurs du bas, qui donnent sur les espaces récréatifs, pourraient être aménagés et loués, notamment pour augmenter l’offre de restauration sur le site. La couleur et la végétalisation proposées dans les esquisses pourraient changer selon les préférences du public.

«On a voulu démontrer des moyens de rendre la vue agréable», a indiqué M. Girard, ouvert aux commentaires pour améliorer la proposition.

Marie-Ève Lemieux, coordonnatrice en conformité environnementale à l’APQ, a ajouté que des études de climat sonore ont déjà été faites et les modélisations suggèrent que le mur serait efficace pour couper le bruit.

Alain Sans Cartier, vice-président Affaires publiques et partenariat stratégique à l’APQ, croit que le projet de terminal de conteneurs a l’avantage d’être plus concret pour les citoyens que le scénario hypothétique qui prévoyait aussi du vrac solide et du vrac liquide. «Les gens sont contents qu’on ait clarifié le scénario», a renchéri le pdg du Port.

Les commentaires recueillis lors de cette journée portes ouvertes seront intégrés aux documents qui doivent être transmis ce printemps à l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE). Environ 800 questions sur le projet sont en attente d’une réponse.  

M. Sans Cartier a dit mercredi ne pas comprendre l’offensive de groupes environnementaux qui dénoncent une «opération de relations publiques». Ceux-ci souhaitent la reprise des consultations en raison du changement de vocation de Beauport 2020 et privilégient une commission conjointe avec le Québec.

«Notre engagement depuis le début, c’est d’aller voir la population et c’est ce qu’on fait», réplique le porte-parole du Port. 

Des documents informatifs sur le projet sont disponibles sur le site de l’APQ. Il est aussi possible d’y formuler des commentaires jusqu’au 12 mars. 

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EN CITATIONS

«Le modèle d’affaires, je le questionne toujours parce que rappelons-nous que c’est pour financer les quais existants qu’on bâtit ça. […] Il va falloir générer une sacrée quantité de profits avec Beauport 2022 [2020] pour justifier ces grands investissements-là.»

Jean Rousseau, conseiller municipal du district Cap-aux-Diamants

«On ne savait pas que le projet était rendu avancé à ce point-là. C’est sûr que pour nous autres, c’est une bonne nouvelle parce que l’enveloppe budgétaire des dernières années a pas mal été utilisée dans l’ouest de la province.»

Christian Bédard, agent d’affaires de l’Union internationale des opérateurs-ingénieurs local 905

«La clé du succès, c’est optimiser les installations actuelles. Investir, moderniser, c’est ça l’avenir du port de Québec. C’est pas construire un quai à tout prix, changer de projet au fur et à mesure pour trouver des clients, compétitionner Montréal.»

Christian Simard, directeur général de Nature Québec

«Ça reste toujours un projet qui est pas évident. Le port, avec tous ses scénarios antérieurs, le terminal de granules de bois, on sait plus si on peut le croire. Il y a tellement de changements.»

Daniel Guay, président d’Accès Saint-Laurent-Beauport