Port de Québec: ambitieux terminal de conteneurs [VIDÉO]

L’équivalent de 700 000 conteneurs par année. Le passage d’un camion chaque trois minutes et demie et d’un train de 90 wagons six jours sur sept. Voilà l’objectif ambitieux de la dernière mouture du projet de terminal de conteneurs de 775 millions $ du Port de Québec. Mais avant de se réaliser, il devra passer le test environnemental.

En mai, l’Administration portuaire de Québec (APQ) annonçait avoir conclu une entente d’un peu plus de trois quarts de milliard avec Hutchison Ports, le plus important réseau de ports dans le monde, et le Canadien National (CN) pour la construction et l’exploitation du nouveau terminal de conteneurs, dans le cadre du projet Laurentia (appelé auparavant Beauport 2020). Aussitôt, le Port a redessiné son projet d’origine dans lequel il est le principal investisseur. «Depuis mai, l’équipe d’ingénierie regarde les aspects techniques pour le fonctionnement du futur terminal. C’est un projet final» lance d’entrée de jeu Hugues Paris, directeur du projet Laurentia, dans le cadre d’une rencontre technique organisée avec les médias. 

L’Agence d’évaluation d’impact du Canada, autrefois l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, a reçu les documents il y a une semaine à peine.

Les premières images et animations montrent un terminal tout automatisé dont plusieurs équipements sont entièrement électrifiés tandis que d’autres fonctionnent en mode hybride. «On voulait diminuer l’impact environnemental avec l’électrification du terminal de conteneurs. Ça correspond à une diminution de 40 % des gaz à effet de serre», se réjouit M. Paris. Selon lui, le futur terminal deviendra l’un des plus modernes au monde avec ceux de Rotterdam, Barcelone, Shanghai et Sydney et il sera le «plus évolué» en Amérique du Nord.

N’empêche, il y aura des impacts. Parmi eux, il y a toujours la question du dragage dans le fleuve qui pourrait nuire à la population de bars rayés dont un des lieux de reproduction est la baie de Beauport, voisin du site retenu. 

M. Paris souligne que la superficie de dragage pour atteindre les 16 mètres de profondeur d’eau sera diminuée de 43 %. En effet, il y aura seulement un poste à quai (zone d’accostage) plutôt que deux dans le plan initial. Cela correspond à une diminution de 160 mètres de ligne de quai. La superficie totale de remblaiement demeure la même, soit 13 hectares, parce que le port a besoin d’espace pour aménager les rails et y amener les wagons.

Enjeu de circulation

Pour les trois ans que dureraient les travaux avant le début des opérations prévu en 2024, le million de mètres cubes de matériel nécessaire serait acheminé par train, évitant par le fait même 77 000 transports par camion.

Le transport routier pourrait quand même devenir un enjeu une fois le terminal en service, et ce même si 90 % du transport se fera par train. Une exploitation maximale des installations équivaut à 180 mouvements de camion (allers-retours) chaque jour entre 7h et 17h du lundi au samedi. Ainsi, un poids lourd partira ou arrivera au terminal toutes les 3 minutes 30. Un viaduc sera construit pour éviter un conflit entre les usagers de la baie de Beauport et ceux du terminal. Cependant, il faudra discuter avec les camionneurs pour qu’ils empruntent le réseau autoroutier. «Déjà, on travaille avec eux pour les sensibiliser et éviter qu’ils passent, par exemple, par Henri-Bourassa, considéré comme plus rapide pour atteindre l’autoroute. Il faudra minimiser la circulation de transit», reconnaît M. Paris.

Fixé dans un an

L’agence d’évaluation d’impact doit maintenant analyser les aspects environnementaux du projet. 

«On doit refaire les études sur la qualité de l’air, le son, l’hydrodynamisme. Nous travaillons avec l’agence pour répondre à leurs questions et préoccupations, souligne le directeur de projet. Elle devrait fournir un premier rapport en mai qui sera suivi de consultations publiques. Nous espérons une approbation finale d’ici la fin 2020 pour commencer les travaux l’année suivante.»

Les usagers de la baie de Beauport ont aussi des inquiétudes par rapport aux impacts du projet sur les activités de la plage. Il est toujours question de construire un mur pour atténuer les impacts visuels et sonores. Il sera d’une hauteur maximale de huit mètres. Il reste à savoir de quoi il sera composé. Le port et le comité d’usagers cherchent aussi une solution pour compenser la perte de 5000 mètres carrés qui servent à l’enclos à bateaux. 

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LE PROJET DE TERMINAL EN CHIFFRES

  • Capacité maximale annuelle : 700 000 conteneurs, équivalant 20 pieds (EVP*)
  • Capacité des navires : 13 000 conteneurs (EVP)
  • Capacité du terminal : 11 139 conteneurs (EVP)
  • Durée maximale de transit des conteneurs : 4,3 jours
  • Transport par rail pour 90 % des conteneurs, 10 % par camion
  • 50 % de la marchandise en importation et autant pour l’exportation
  • Construction de cinq rails de 450 mètres pour l’accès aux wagons
  • Convoi ferroviaire d’un maximum de 90 wagons, 3,6 km
  • Embauche de 500 travailleurs pendant les trois années de constructions et création de 500 emplois au début des opérations

*EVP désigne un conteneur d’une longueur de 20 pieds. Des conteneurs de 40 pieds seront aussi transbordés.