La passerelle prendra pied au bout de la rue Monseigneur-Plessis, au nord, pour aboutir dans le gazon du parc Victoria, sur l'autre rive.

Pont piétonnier sur la St-Charles: délais, surplus de coûts... et déception

La Ville de Québec va de l'avant avec la construction d'un nouveau pont pour vélos et piétons au-dessus de la rivière Saint-Charles, dans le secteur du parc Victoria. Il sera toutefois plus cher que prévu. Il sera aussi livré plus tard que promis. Et il déçoit le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur.
Les résidents des quartiers Saint-Roch, Saint-Sauveur et Vanier ont été convoqués à une soirée d'information lundi prochain. On leur présentera alors des esquisses des deux options sur la table pour l'érection d'une passerelle qui prendra pied au bout de la rue Monseigneur-Plessis, au nord, pour aboutir dans le gazon du parc Victoria, sur l'autre rive.
La Ville veut expliquer pourquoi elle a choisi cet emplacement, indique un porte-parole, Jacques Perron.
On réserve la surprise des esquisses aux participants à la rencontre. Mais, déjà, on annonce que le projet est maintenant estimé à plus de 2 millions $, sans que les plans finaux n'aient été déposés.
Au cours de la dernière campagne électorale, la conseillère municipale Chantal Gilbert l'évaluait à 500 000 $ de moins. Elle souhaitait aussi que les travaux débutent ce printemps pour que l'ouvrage puisse être utilisé dès l'automne. Hier, on était plutôt rendu dans le calendrier de 2015.
Au Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur, on s'affiche déçu. «On n'est pas très chaud à l'idée», balance Éric Martin, animateur et coordonnateur communautaire. Il dénonce surtout l'attitude impériale de la Ville qui aurait refusé de consulter les principaux intéressés, les utilisateurs éventuels.
«En maudit»
Lorsque le port de Québec a construit des silos géants en bordure du fleuve, le long du boulevard Champlain, le maire était «en maudit» de ne pas avoir participé aux discussions, souligne-t-il. Les citoyens disent vivre les mêmes émotions dans le présent dossier.
M. Martin convient que le site retenu par l'administration municipale permettra de réduire la facture. «C'est moins cher. Mais ça ne respecte pas les objectifs du projet.»
Si le dessein est de faciliter les déplacements entre les deux quartiers, le Comité des citoyens juge que la passerelle devrait être aménagée au bout d'une rue de Saint-Sauveur; l'accès serait ainsi facilité, notamment pour les personnes à mobilité réduite.
La Ville dit avoir évalué de tels tracés. La rivière étant plus large vers les rues Carillon, Renaud ou Bigaouette, la facture aurait gonflé. On a donc opté pour le parcours le moins cher.
Florent Cousineau, artiste habitué des projets de passerelle, en remet: «Je suis très déçu. C'est tout à fait banal. C'est manquer de vision.» En se limitant à un simple pont rectiligne, la Ville rate une belle occasion d'introduire un élément artistique marquant dans ces quartiers populaires, regrette-t-il. Une oeuvre qui aurait attiré les visiteurs, qui aurait embelli le paysage. «Il faut aller plus loin que la simple fonction d'aller du point A au point B.»
Pour en savoir plus, rendez-vous au Club social Victoria, 170, rue du Cardinal-Maurice-Roy, le 31 mars, à 19h. C'est à deux pas du stade municipal.
Mardi, au moment d'envoyer cet article, la conseillère municipale Chantal Gilbert ne nous avait pas recontactés.