Plus de pouvoir aux villes, mais pas pour taxer davantage

Le maire de Québec et le ministre des Affaires municipales lançaient mardi les discussions pour conférer à Québec plus de pouvoirs. Les deux élus ont tenu à rassurer les citoyens : la Ville ne cherche pas à obtenir la possibilité de taxer davantage ses contribuables.
Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, son adjoint parlementaire, Marc Carrière, le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, et le maire de Québec, Régis Labeaume, donnaient le coup d'envoi mardi matin à la Table Québec-Québec, ce lieu de rencontre où la capitale et le gouvernement discuteront de l'élaboration d'une loi qui conférera un statut particulier à la Ville.
C'est d'ailleurs Québec qui lance le bal. Le ministre fera le même exercice avec Montréal, puis discutera de l'élaboration d'une charte des municipalités avec l'Union des municipalités du Québec et la Fédération québécoise des municipalités du Québec. «L'idée est de faire en sorte que Québec ait les pouvoirs, la juridiction nécessaires pour faire face aux obligations d'une capitale d'envergure internationale», a dit d'entrée de jeu le ministre, qui trouve aberrant que les élus de Québec ne puissent augmenter les limites de vitesse dans un quartier sans obtenir l'aval du ministère des Transports. «Il y a des éléments d'archaïsme à corriger.»
Le maire souhaite plus de marge de manoeuvre en aménagement du territoire, en urbanisme, en environnement.
Pas question cependant, a soutenu M. Moreau, d'octroyer plus de pouvoirs de taxation aux villes. «Les transferts de compétences qui seront faits aux municipalités, ce n'est pas une machine pour que les maires puissent taxer davantage les contribuables. Ça va devoir s'accompagner des capacités fiscales que le gouvernement a à l'heure actuelle.»
Une vision que partage le maire Labeaume. «On ne veut pas une loi sur Québec pour avoir des nouveaux pouvoirs de taxation. Il ne faut pas que le résultat des discussions soit qu'on taxe de manière additionnelle les citoyens. Je ne suis pas là. On veut pouvoir s'organiser, prendre nos propres décisions, avec une bonne reddition de comptes.»
Mardi, la rencontre a permis de déterminer qui participera à la Table, quelles sont les attentes des uns et des autres. On élaborera aussi le rythme des rencontres et l'échéancier. Un rythme que le ministre souhaite soutenu. Les parties se sont donné deux ans pour adopter la loi.
Une flèche à l'ex-maire de Laval
Des «délinquants» comme Gilles Vaillancourt, ex-maire de Laval, ont grandement nui aux autres municipalités du Québec, estime Régis Labeaume. Si les règles auxquelles sont soumis les élus municipaux sont omniprésentes, les empêchant même d'exercer leur droit de gestion convenablement, c'est à cause de certains maires qui ont exagéré, soutient M. Labeaume. «Nous, qui pensons bien faire notre travail, on paie pour les délinquants. Un des pires délinquants, ça a été l'ancien maire de Laval. [...] Le ministère de l'Environnement sait bien qu'on devrait gérer nous-mêmes les milieux humides. Mais quand il laissait le maire de Laval le faire, potentiellement, regardez ce qui s'est passé...» Le maire se réfère à divers épisodes où l'ancien maire Vaillancourt et la Ville de Laval ont permis la destruction de milieux humides afin de faire place à des quartiers résidentiels. «On a ben souffert de Laval.»