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Un peu plus de 200 logements dans 2 bâtiments de 6 étages seront plantés sur la rive de la rue du Cardinal-Maurice-Roy.
Un peu plus de 200 logements dans 2 bâtiments de 6 étages seront plantés sur la rive de la rue du Cardinal-Maurice-Roy.

Plus de 200 logements «tout inclus» en construction à la Pointe-aux-Lièvres

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
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Avez-vous remarqué que beaucoup d’excavatrices et d’ouvriers s’activent à la Pointe-aux-Lièvres ? Un troisième chantier immobilier vient d’être mis en branle : un peu plus de 200 logements dans 2 bâtiments de 6 étages seront plantés sur la rive de la rue du Cardinal-Maurice-Roy. Un investissement d’environ 50 millions $.

«C’est le projet le plus important situé près du centre-ville de Québec», évalue le promoteur Gilles Pelletier en entrevue avec Le Soleil. «L’excavation est commencée, les fondations aussi.» 

Quelques ajustements devront encore être faits sur les plans, notamment sur le parement extérieur. Mais le permis de construction est dans la poche.

«Ça va s’appeler l’Îlot Saint-Charles», annonce le patron de l’entreprise Pellimo (aussi connue en tant que ImDevCo). «Il va y avoir un bâtiment de 102 appartements et une deuxième de 105 logements».

Livré en 2022

Le chantier sera réalisé en deux phases. L’immeuble B, de 105 portes, s’élèvera le premier ; il devrait accueillir ses premiers habitants en juillet 2022. Quelques mois plus tard, en octobre 2022, le bâtiment A situé en bordure de la rivière Saint-Charles devrait ouvrir officiellement ses portes.

Concept

Gilles Pelletier vante son concept : «Ça va être un projet qui va être offert en formule tout inclus.» Le prix de location mensuel englobera donc les électroménagers, le chauffage, l’électricité, le câble, l’accès à Internet. Ceux qui voudront un stationnement souterrain ou un espace de rangement au sous-sol devront cependant débourser un supplément. 

Quoi d’autre ? «Tout le monde a un balcon et ceux qui sont au rez-de-chaussée ont une terrasse.» Il y aura également une salle d’entraînement et des espaces communautaires dans chacun des blocs. Une cour intérieure, aussi. Tout comme un local où attacher les vélos, tel qu’exigé par la Ville.

«Ça va être un projet qui va être offert en formule tout inclus.» Le prix de location mensuel englobera donc les électroménagers, le chauffage, l’électricité, le câble, l’accès à Internet.

«Il y a une très très grande multitude d’habitations», poursuit M. Pelletier. Dans le bas, il y aura des logis sur deux étages ayant une entrée sur la rue ; ils auront deux chambres et un boudoir, deux salles de bain.

Aux étages supérieurs, les appartements auront entre 3 et 5 pièces.

Télétravail

Particularité de l’Îlot Saint-Charles : «Plus de 60% des logements seront adaptés pour le travail à la maison pour tenir compte de la nouvelle tendance», note Gilles Pelletier. «La plupart vont avoir une alcôve ou un bureau fermé.»

Après la pandémie, plusieurs voudront retrouver l’environnement social du bureau, entrevoit-il. «[Mais] il va rester quelque chose. Ça se peut que les gens travaillent une journée ou deux chez eux.»

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TROP DE LOGEMENTS EN CONSTRUCTION ?

Les 200 «tout inclus» du promoteur Gilles Pelletier s’ajouteront à quelque 150 autres logements en construction à la Pointe-aux-Lièvres. Sans compter les 94 de la tour Origine, les maisons de ville Habitus et l’immeuble communautaire Un Toit en réserve de 59 unités. Y a-t-il trop d’appartements en chantier dans l’écoquartier ?

Le président et directeur du développement chez Pellimo est convaincu que non. Gilles Pelletier estime que les astres sont alignés pour la renaissance de l’ancien quartier industriel bordé par l’autoroute Laurentienne. «On a la tempête parfaite.»

Plusieurs fois au cours de notre échange, M. Pelletier a souligné que le pôle d’échange Saint-Roch du tramway sera à quelques minutes de marche. Un avantage majeur, selon lui. «Ça explose dans ce coin-là, ce n’est pas pour rien.»

«Voilà 10 ans, je n’aurais pas investi dans ce coin-là», affirme-t-il. Mais la Ville a dépensé gros pour rénover, rendre le quartier plus attrayant. 

Les besoins de la clientèle auraient, en outre, évolué. Des baby-boomers reviennent au centre-ville. Des millénariaux veulent vivre dans un certain luxe, près des services. Des employés veulent habiter à proximité de leur travail. «L’immobilier on s’adapte aux besoins des gens.»

«Oui, il y a de la construction [à la Pointe-aux-Lièvres], mais ce n’est pas pour rien», insiste Gilles Pelletier. «S’il y a beaucoup de développements dans un secteur, et que les promoteurs ont investi, c’est que le développement est rendu là.»

Attraits

L’investisseur se lance dans une énumération des attraits de ce quartier en mutation qu’il perçoit :

  • En bordure de la rivière Saint-Charles, de la piste cyclable et du sentier ;
  • Espace vert voisin et accès aux parcs Victoria et Cartier-Brébeuf ;
  • Pont pour piétons et vélos vers le «quartier hot» de Limoilou ;
  • Place Jean-Béliveau et amphithéâtre à proximité ;
  • Accès aux routes facile pour les automobilistes ;
  • Port à quelques coups de pédales ; 
  • Proximité de la colline Parlementaire ;
  • etc.

Autoroute

Mais, la présence de l’autoroute Laurentienne en bordure de ses immeubles ne risque-t-elle pas de déplaire ? Gilles Pelletier pense qu’il serait «logique» que le ministère des Transports convertisse ce tronçon en boulevard urbain. Il juge néanmoins que la proximité d’axes routiers plaît à plusieurs. Et plaide que la circulation est limitée hors des pointes du matin et du soir, la semaine. Ajoutant que le dégagement offert par la route offrira un ensoleillement important aux locataires.

L’Îlot Saint-Charles sera un bâtiment certifié LEED réalisé en collaboration avec l’entreprise Axces Trigone selon les plans des architectes de Beaudet Faille Normand.

La location débutera à la fin de l’été, quand la grille tarifaire aura été établie. En attendant un site Web, il y a un numéro de téléphone 1 866 411-0949 pour poser des questions. 

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ACCÉLÉRATION DE LA TRANSFORMATION

La transformation de l’ancien secteur industriel de la Pointe-aux-Lièvres s’accélère donc avec ce nouveau chantier. 

Nous évoquions récemment le lancement d’un autre chantier dans le même quartier : le Viridi. Quelque 89 appartements et maisons de ville seront répartis sur les six étages de l’intersection des rues Lee et de la Pointe-aux-Lièvres. Un projet locatif de 26 millions $. Patrick Bragoli, de la firme Terrain Dev, collabore avec L’Intendant pour livrer son projet en juillet 2022.

Dans le même quadrilatère, Synchro Immobilier complète sa deuxième réalisation de la Pointe-aux-Lièvres. À côté de son emblématique tour Origine — dont l’ossature est faite de bois — est apparu Le Lièvre. L’édifice de 6 étages abrite 67 logements dont la location pour juillet est en cours.

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LE CARDINAL A REMPLACÉ LA TANNERIE

La rue du Cardinal-Maurice-Roy rend hommage au natif de Québec ordonné prêtre en 1927. Il deviendra prof de théologie à l’Université Laval trois ans plus tard.

«Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il accompagne le Royal 22e régiment en Europe, à titre d’aumônier de l’armée canadienne», lit-on dans la fiche toponymique publiée par la Ville de Québec. «De retour au pays, il est évêque de Trois-Rivières, puis archevêque de Québec. Nommé primat de l’Église canadienne, il prend part activement au concile Vatican II, à titre de membre de la Commission doctrinale. Maurice Roy est élevé au rang de cardinal en 1965.»

Industrie

Créée en 1955, cette rue de la Pointe-aux-Lièvres était nommée avenue Laurentienne jusqu’en 1983. «Peut-être à cause de la Tannerie Laurentienne située à proximité. L’industrie du cuir dans la ville de Québec remonte aussi loin qu’au début du Régime français alors que des tanneries sont établies le long de la falaise, rue De Saint-Vallier Est. En 1842, Québec compte 32 petites tanneries, dont 24 se trouvent dans Saint-Roch; en 1872, elles ne sont pas moins de 43, qui emploient 630 ouvriers.»