La commission scolaire de la Capitale donnera priorité aux écoles primaires construites avant 1981 afin d’y analyser l’eau potable à la recherche de plomb, contaminant réputé nocif, surtout pour les enfants.

Plomb dans l’eau à Québec: priorité aux vieilles écoles primaires

La commission scolaire de la Capitale donnera priorité aux écoles primaires construites avant 1981 afin d’y analyser l’eau potable à la recherche de plomb, contaminant réputé nocif, surtout pour les enfants.

«La commission scolaire de la Capitale [CSC] élabore actuellement un plan de réalisation des tests dans toutes les écoles primaires, secondaires, centres de formation professionnelle et d’éducation des adultes de même que dans les centres administratifs», lit-on dans une note d’information transmise lundi. «Ce plan s’échelonnera sur plusieurs mois et respectera les échéances exigées par le [ministère de l’Éducation], c’est-à-dire le 23 juin 2020 pour les écoles primaires et le 1er novembre 2020 pour les autres établissements.»

Le document diffusé lundi précise «l’ordre de priorité» : «[…] En commençant par les écoles primaires : 1- les bâtiments construits avant 1981; 2- ceux construits de 1982 et 1990; 3- ceux construits depuis 1991.»

Bien des détails restent à définir, mais on sait déjà que la CSC appliquera la nouvelle norme promue par Santé Canada. Sera donc toléré un taux maximal de plomb de 5 microgrammes par litre (µg/l), contrairement à 10 µg/l avant. 

«Afin d’offrir un environnement sain et sécuritaire à tous les occupants de ses établissements, élèves et membres du personnel», la commission scolaire assure en outre que les éventuels «travaux requis» seront amorcés rapidement.

Faire couler l’eau en attendant

En attendant, la CSC installera des affiches dans ses établissements. «Cet affichage indiquera de faire couler l’eau avant de la consommer et sera installé à tous les abreuvoirs en attendant les résultats de la campagne de dépistage du plomb dans l’eau. Une fois les résultats connus, une affiche indiquant la conformité du point d’eau sera installée.»

Ces nouvelles façons de faire découlent de la publication de reportages sur le sujet. Début octobre, Le Soleil publiait une enquête révélant que des analyses de l’eau de plusieurs écoles de la capitale dépassaient de 4 à 72 fois la norme de 5 µg/l.

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Dans les rapports scientifiques obtenus en vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics, nous avions appris que les experts de la Ville de Québec avaient observé des concentrations de plomb «significativement élevées». Des exemples : 43,4 µg/l à l’école Saint-Malo (Saint-Sauveur); 21 µg/l à l’école Sans-Frontière (Vanier); 19,8 µg/l à l’école Saint-Fidèle (Limoilou); même 360 µg/l à l’école internationale Saint-Sacrement.

Le lendemain, La Presse publiait également une enquête sur le plomb distribué par les fontaines des écoles montréalaises.

Le jour même, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait promis que l’eau s’écoulant de tous les robinets et abreuvoirs des écoles du Québec serait analysée à la recherche de plomb. Et que les travaux nécessaires seraient effectués.

Le surlendemain, le cabinet du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, avertissait Le Soleil que les garderies devront également tester leur eau potable. Secoué par la publication de plusieurs autres enquêtes, surtout dans Le Devoir, le gouvernement de la Coalition avenir Québec a ensuite annoncé qu’il resserrera la norme de plomb toléré dans l’eau potable sur tout le territoire québécois. Toutes les municipalités devront identifier les résidences où il y a encore des entrées de service en plomb et établir un calendrier afin de les remplacer. 

L’État n’avait toutefois pas établi d’échéancier ni débloqué de fonds neufs pour réaliser son ambitieuse traque au plomb.

À Québec, les citoyens doivent téléphoner au 3-1-1 pour obtenir des informations et s’inscrire à la liste d’attente pour une analyse de l’eau de leur logis.

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