Le parc de la plage Jacques-Cartier est rongé par les eaux depuis plusieurs années.

Plan de sauvetage pour la plage Jacques-Cartier

La Ville de Québec prépare un sauvetage d’envergure pour la plage Jacques-Cartier, rongée par les flots : digues avançant dans le fleuve, enrochement de la berge, remplissage pour reconstituer le rivage… Les travaux jugés «urgents» en 2014 seront cependant repoussés au moins jusqu’en 2020.

«Ce ne sont pas des petits travaux», convient la conseillère municipale du district de la Pointe-de-Sainte-Foy, Anne Corriveau. Mais ce serait la seule avenue pour rescaper
le «bijou».

«Depuis quelques années, il y a eu de l’érosion», explique-t-elle, en entrevue avec Le Soleil. Au fil des ans, quand des portions du parc ont sombré, la Ville a appliqué des diachylons sur le bobo. «On a été obligé de faire quelques mesures de stabilisation des berges. […] On a déplacé un peu le sentier piétonnier.»

C’est toutefois insuffisant. Surtout dans la portion ouest du populaire parc : la mairie qualifie de «prioritaire» la solidification de ce bout de rive faisant près d’un kilomètre.
«Le secteur ouest, c’est l’endroit où c’est le moins large. […] C’est quand même étroit et il faut considérer qu’à cet endroit-là, il y a le cap.»

Il y a quatre ans, malgré l’urgence perçue, le gouvernement national a refusé que la capitale fasse fi des normes environnementales afin d’enrocher sans délai ce tronçon. «Cette demande-là a été rejetée par le ministère [de l’Environnement]», rappelle Mme Corriveau. Les experts étatiques ont plutôt exigé que la Ville présente un projet global «pour toute la plage» et le fasse cheminer dans la «machine».

Renvoyée faire ses devoirs, la capitale a donc commandé des études sur les impacts environnementaux de ses visées. Les documents sont maintenant déposés au niveau supérieur. Anne Corriveau s’attend à ce que le Bureau d’audience publique sur l’environnement s’en saisisse au cours de l’automne et effectue des consultations l’année prochaine.

«C’est sûr que nous, on voulait agir plus rapidement au secteur ouest», ajoute-t-elle. «La plage ne partira pas demain matin, mais on sait très bien qu’il faut agir.»

Si tout va bien, la mairie espère maintenant recevoir l’accord final du ministre dans un an. Ce qui repousse les travaux sur la portion ouest de la plage Jacques-Cartier à… l’automne 2020. La moitié Est attendra l’automne 2021, peut-être plus. «Les étapes sont ce qu’elles sont et on doit les respecter. […] Ça peut paraître long, mais au moins ça va être bien fait.»

Chantier d’automne

Au fait, pourquoi réaliser le chantier durant l’automne? Parce que l’été, le parc est très fréquenté. Aussi pour les oiseaux dont la période de reproduction et nidification va du 1er avril au 31 août, nous apprend un document municipal rendu public récemment.

Autre contrainte : «On va être obligé de faire les travaux à marée basse.»

Le parc de la plage Jacques-Cartier a été créé au début des années 1990. La mairesse de la défunte ville de Sainte-Foy avait dépensé environ 2 millions $ pour exproprier les propriétaires de chalets à qui appartenaient les terrains, nous rappelle l’édition du 23 juillet 1993 du Soleil. Elle avait ensuite dépensé gros pour aménager les lieux afin de redonner l’accès au fleuve aux citoyens.