Le maire de Québec, Régis Labeaume, à Rome

Plainte des cols bleus contre Régis Labeaume: plaidoiries terminées

La juge Myriam Bédard a pris en délibéré la cause opposant le syndicat des cols bleus de Québec à Régis Labeaume, qui a dit pendant la campagne électorale que ces employés bénéficiaient d'un «plancher d'emplois» qui visait «à financer la FTQ».
Les plaidoiries des deux parties se sont terminées vendredi à l'issue de trois journées d'audience devant la Commission des relations du travail (CRT).
Le syndicat des employés manuels accuse Régis Labeaume d'ingérence et de négociation de mauvaise foi pour des propos tenus en conférence de presse les 8, 15 et 22 octobre ainsi que le 4 novembre 2013. M. Labeaume avait notamment exposé les demandes patronales et déclaré que les cols bleus bénéficiaient d'un «plancher d'emplois» qui visait «à financer la FTQ».
Le syndicat estime que M. Labeaume a manqué aux articles 12 et 53 du Code du travail. L'article 12 stipule qu'un employeur ne peut pas passer par-dessus le syndicat pour s'adresser aux employés qu'il représente.
Mais justement, Régis Labeaume parlait-il en tant que maire ou en tant que simple citoyen candidat à la mairie pendant la campagne? C'est le point qu'a fait valoir l'avocat de la Ville de Québec, Me Sylvain Lepage. Selon lui, il ne peut y avoir d'ingérence, car M. Labeaume parlait en tant que citoyen qui jouit de la liberté d'expression.
«On comprend tous qu'en période électorale alors qu'il cherche à obtenir un nouveau mandat des citoyens, le bénéfice immédiat est en faveur du candidat Labeaume, dont l'objectif est d'être réélu», a dit Me Lepage.
Les cols bleus réclament 5000 $ en dommages moraux et punitifs. La somme sera versée à l'organisme Opération Enfant-Soleil si le syndicat a gain de cause.
La juge de la CRT, Myriam Bédard, devrait rendre sa décision dans environ 90 jours.