La porte-parole du Regroupement des conseils de quartier de la Ville de Québec, Johanne Elsener, a réfuté l'idée avancée par le maire Régis Labeaume que des référendums ont mené à Québec à de moins bons projets. 

Plaidoyer pour maintenir les référendums

Les conseils de quartier sont aux antipodes de Régis Labeaume sur la question des référendums citoyens. Alors que le maire les a qualifiés mardi «d'antidémocratiques» et plaidé pour leur abolition, les 25 conseils de quartier ont demandé en commission parlementaire non seulement leur maintien, mais aussi leur élargissement.
Le processus référendaire permettant de bloquer un projet immobilier est démocratique, nécessaire, ont dit en substance les représentants de conseils de quartier au nom des 25 conseils comptant 180 administrateurs.
Devant les députés à l'Assemblée nationale lors de l'étude sur le projet de loi 122 sur les municipalités, la porte-parole du Regroupement des conseils de quartier de la Ville de Québec, Johanne Elsener, a réfuté l'idée avancée par le maire Régis Labeaume que des référendums ont mené à Québec à de moins bons projets. 
Au contraire, soutient le Regroupement selon qui la simple perspective d'un tel scrutin encourage à de meilleures pratiques. «C'est un incitatif pour les promoteurs à venir présenter leur projet aux citoyens, ce qui mène à des échanges», a dit Mme Elsener, aussi présidente du Conseil de quartier de Pointe-de-Sainte-Foy.
De plus, les référendums doivent rester même si la Ville de Québec modifiera prochainement son mode de consultation après une analyse réalisée par l'Institut du Nouveau Monde.
Dans son mémoire, le comité propose même d'élargir le recours à un référendum aux modifications apportées aux programmes particuliers d'urbanisme (PPU). Les 25 conseils de quartier demandent aussi à ce que les projets immobiliers de 25 000 m2 et plus puissent être soumis à un tel scrutin citoyen, ce qui n'est pas le cas actuellement.
Mardi, le maire de Québec a qualifié les référendums d'exercice «antidémocratique», car, à ses yeux, un projet peut être bloqué par un trop petit groupe d'individus. «Seuls les opposants organisés à un projet peuvent se manifester et exercer leur droit de veto», avait soutenu Régis Labeaume.
L'idée d'abolir les référendums devait initialement être comprise dans le projet de loi sur le statut de capitale nationale pour Québec. Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, a toutefois préféré l'inclure dans le projet de loi 122, qui touche toutes les municipalités, au-delà du simple cas de Québec.