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Les immenses aires de stationnement, où ne trônent que des lampadaires, pourraient appartenir au folklore dans un proche avenir, s’il n’en tient qu’aux Conseils régionaux de l’environnement (CRE) de plusieurs régions, dont Québec.
Les immenses aires de stationnement, où ne trônent que des lampadaires, pourraient appartenir au folklore dans un proche avenir, s’il n’en tient qu’aux Conseils régionaux de l’environnement (CRE) de plusieurs régions, dont Québec.

Plaidoyer pour des stationnements plus verts

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
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Les immenses aires de stationnement, où ne trônent que des lampadaires, pourraient appartenir au folklore dans un proche avenir, s’il n’en tient qu’aux Conseils régionaux de l’environnement (CRE) de plusieurs régions, dont Québec. Un plan de réaménagement est sur les rails et vise à rendre plus verts ces espaces de bitume, propices à la création d’îlots de chaleur en cette époque de changements climatiques.

«Repenser les façons de faire les stationnements, c’est très, très important», a expliqué lundi la directrice générale adjointe du CRE de la Capitale-Nationale, Pauline Robert, à l’occasion d’une conférence virtuelle avec des collègues et collaborateurs de Montréal, de Laval, de la Montérégie et du Centre-du-Québec.

«C’est un grand besoin à Québec, indique-t-elle plus tard au Soleil. Les gens demandent de plus en plus à ce que l’aménagement de leurs milieux de vie soit pensé autrement. On a vu, ne serait-ce qu’avec la pandémie, qu’ils recherchent des milieux plus verts, plus agréables. Les gens veulent être dehors.»

Le plan d’action lancé en 2017 par le CRE de Montréal et qu’on désire implanter à l’échelle provinciale consiste à revoir l’aménagement des stationnements, «ces grands espaces asphaltés très hostiles», au dire de Romain Coste, chargé de projet en transport et urbanisme.

Diminuer le nombre de cases de stationnement pour laisser place à la verdure, procéder à des aménagements paysagers pour favoriser une meilleure gestion des eaux pluviales, aménager des espaces pour les piétons et les cyclistes, valoriser les cases de stationnement pour le covoiturage et l’auto-partage, autant de façons de réussir cette transition écologique. 

«Il y a moyen d’intervenir à large échelle, dans différents territoires et différents contextes, pour améliorer la qualité d’un milieu de vie, le rendre plus résilient, plus convivial, plus sécuritaire», plaide Emmanuel Rondia, directeur-général du CRE de Montréal. La région de la métropole compte quelque 500 aires de stationnement d’une centaine de cases et plus.

Sans pouvoir donner de chiffres pour la région de Québec, Pauline Robert affirme que cette nouvelle approche s’arrime parfaitement avec l’initiative Ville éponge, endossée l’automne dernier par le CRE de la Capitale-Nationale. Ce plan cherche à favoriser «l’essor d’infrastructures vertes pour la gestion des eaux pluviales en milieu bâti».

Océans d’asphalte

«Avoir des milieux de vie mieux pensés, c’est un besoin de société. Les promoteurs ont envie d’attirer la clientèle avec autre chose qu’une pancarte. Ils veulent montrer leurs valeurs écoresponsables. Tous ces grands stationnements de centres commerciaux, ce sont des océans d’asphalte qui deviennent très chauds en été, en plein soleil.»

À l’inverse, lors de précipitations abondantes, ajoute-t-elle, ces vastes espaces bitumés ne peuvent absorber les eaux qui se retrouvent dans le système d’égout municipal, déjà fortement sollicité en pareilles circonstances.

Les CRE impliqués dans le projet comptent accompagner les promoteurs et des propriétaires de stationnements dans leur réflexion. Au final, une attestation, basée sur différents critères, leur sera remise.