Des photos prises à partir du condo d'une des propriétaires montrent l'ampleur de l'impact visuel du nouveau stationnement.

Place des Canotiers: la démolition d'un étage du stationnement demandée

Trois propriétaires de condominiums des Terrasses du Vieux-Port demandent la démolition du quatrième étage du nouveau stationnement construit à la Place des Canotiers, rue Dalhousie.
Dans une procédure d'injonction déposée mardi en Cour supérieure, ces propriétaires allèguent détenir un droit de vue complète sur le fleuve.
Le stationnement étagé que vient d'ériger la Société québécoise des infrastructures les priverait de ce droit, car il obstrue en tout ou en partie la vue sur le fleuve d'une dizaine de propriétaires.
Trois d'entre eux ont décidé de s'adresser au tribunal. D'autres pourraient se joindre plus tard au recours.
Les Terrasses du Vieux Port ont été construites au milieu des années 80.
Le projet avait à l'époque fait controverse, tant pour son apparence architecturale que pour le principe qu'il obstruait des vues sur le fleuve. L'ironie veut que 30 ans plus tard, ce soit maintenant des résidants des Terrasses qui déplorent la perte d'une vue sur le fleuve.
Dans sa demande d'injonction permanente, l'avocat Jean-Paul Boily fait valoir que des «servitudes réelles et perpétuelles de vues» avaient été consenties à tous les propriétaires au début du projet des Terrasses du Vieux-Port, en 1986.
Servitudes respectées
Ces servitudes ont toujours été respectées depuis, dit-il. Elles ont notamment été prises en compte par le Port de Québec lors de la construction d'une passerelle pour le terminal des croisières, au début des années 2000.
Des actes notariés par Me Cyrille Delâge en 1986 et 2000 attestent de l'existence de ces servitudes.
Techniquement, il restait possible de construire jusqu'à 17 mètres de hauteur sur le terrain voisin (celui de la Place des canotiers), mais à condition de ne pas obstruer les vues.
Des photos fournies par Me Boily à partir du condo d'une des propriétaires montrent l'ampleur de l'impact visuel du nouveau stationnement de 17 mètres.
L'avocat soutient que les auteurs de ces servitudes n'ont «certainement pas voulu» donner un «résultat aussi catastrophique».
Outre la démolition de l'étage supérieur du stationnement, les propriétaires Julie Nault, Shirley Fecteau et Noël Francoeur demandent une compensation financière pour les «troubles, ennuis et inconvénients» occasionnés par la construction.
Dans l'éventualité où la Cour rejetterait la demande de démolition, ils se réservent le droit d'amender leur procédure.
Ils voudront le cas échéant y ajouter des dommages pour «perte de jouissance de la vue, perte économique due à la dépréciation des condominiums, de même que la perte et les dommages moraux aussi subis».