Le retrait de 48 cases de stationnement sur la 3e Avenue entre la 12e et la 18e Rue pour prolonger la piste cyclable divise les résidents de Limoilou.

Piste cyclable sur la 3e Avenue: appel au boycottage... et au calme

La mise en demeure de trois commerçants de la 3e Avenue qui craignent une perte de revenus avec le retrait de 48 cases de stationnement pour prolonger la piste cyclable divise les résidents de Limoilou. Si plusieurs les soutiennent, d’autres se disent déçus de leur position «anti-vélo» et appellent même au boycottage.

Le Soleil rapportait mercredi que les propriétaires de la quincaillerie Rona, de Santé et beauté de luxe et de La Fournée Bio ont fait parvenir à la mi-juillet une mise en demeure à la Ville qu’elle tiendra responsable des pertes financières appréhendées avec le prolongement de la piste cyclable entre la 12e et la 18e Rue qui oblige le retrait de 48 cases de stationnement. 

Dans un précédent reportage, Annie Pilote de Santé et beauté de luxe disait ne pas être contre les vélos, mais plutôt contre la solution de la Ville pour faire passer la piste dans cette portion de rue plus étroite que celle entre le pont Dorchester et la 12e rue où aucune case n’a été retirée. 

En début de semaine, elle reprochait à la Ville d’avoir fait son choix sans valider toutes les options. Les commerçants visés allèguent qu’ils ont besoin de ces cases parce qu’une partie de leur clientèle habite à l’extérieur du quartier. Les mesures d’atténuation dont 18 changements de réglementation sur les rues transversales pour faciliter l’accès à leur entreprise n’ont pas suffi à les rassurer.

Dizaines de commentaires

Mercredi, l’article du Soleil a suscité des dizaines de commentaires sur le groupe privé Facebook Limoilou, notre quartier, le meilleur de tous. Comme il est coutume dans ce genre de débats, chacun affichait des positions bien campées.

«En tant que résident qui accède principalement à pied et à vélo à ces commerces.. je ne me sens [sic] pas plus écouté», explique un homme, qui, à titre personnel, a pris la décision de ne plus encourager les commerces cités. D’autres affirment qu’ils feront de même, déçus de la position des trois commerces. Au moins un internaute appelle même au boycottage. Et quelques-uns s’en sont pris à eux de manière plutôt agressive.

À la suite de cet appel, des citoyens ont tenu à rappeler que cette façon d’agir ne ferait que nuire à la vitalité du quartier.

Le président de la SDC Limoilou, Michel Jobidon, a été mis au fait des commentaires émis. «Le boycottage semble une réaction disproportionnée. Les commerçants ne se sont jamais positionnés contre les cyclistes. On ne comprend pas que ça aille si loin», a-t-il indiqué au Soleil.

D’autre part, il a tenu à réitérer son soutien aux commerçants réfractaires au retrait des cases. «On comprend leurs inquiétudes. La Ville s’est engagée à rectifier le tir après le projet-pilote. On va suivre de près chacune des étapes auprès de la Ville et des commerçants pour évaluer les impacts», conclut-il.