Pétition pour l'expropriation de l'ancienne boucherie W.E. Bégin

Quelque 250 signatures ont été apposées jusqu'à maintenant sur une pétition lancée par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste afin de réclamer de la Ville l'expropriation du propriétaire de l'ancienne boucherie W.E. Bégin. L'édifice de la rue Saint-Jean est à l'abandon depuis 2012 et les résidents du secteur ne veulent pas avoir à composer encore une fois avec les odeurs nauséabondes et la présence de vermine à l'approche de la belle saison.
En conférence de presse, jeudi, devant l'immeuble honni, la porte-parole du comité, Marie-Ève Duchesne, a expliqué que «la grogne se fait sentir depuis longtemps» dans le quartier. Le Service de protection contre les incendies a installé des clôtures autour de l'édifice, la semaine dernière, à titre de mesures de sécurité.
«Depuis décembre, la Ville possède des pouvoirs en matière d'expropriation, alors on veut qu'elle s'en prévale», explique la représentante des citoyens. «On est inquiets, il ne se passe rien. [...] Après cinq ans, la partie de ping-pong entre la Ville et le propriétaire a assez duré. Le propriétaire a eu sa chance dans ce projet.»
En lieu et place de l'immeuble, propriété de l'homme d'affaires Luc Massicotte, le comité réclame la construction de logements sociaux, «un besoin impérieux», explique Marie-Ève Duchesne, précisant que 1865 ménages du quartier, soit 21 % de la population, consacre plus de 50 % de ses revenus au paiement d'un loyer.
Sept commerçants ont accepté d'afficher la pétition afin de sensibiliser leur clientèle aux revendications du comité. «Pour les commerçants de la rue Saint-Jean, ce n'est pas tellement bon. L'image de la rue dépérit», déplore le propriétaire de l'épicerie Scott, Alexandre Fortin. La pétition sera disponible jusqu'à la mi-juin.
Une porte-parole de la Ville, Marjorie Potvin, a expliqué que la Ville ne ferait aucun commentaire. «On analyse le dossier jusqu'à la semaine prochaine», a-t-elle indiqué de façon laconique.
Le propriétaire de l'édifice, Luc Massicotte, n'a pas retourné jeudi l'appel du Soleil. Il y a une semaine, il nous avait expliqué avoir «bon espoir» de vendre son immeuble à un acheteur «très sérieux», mais qu'il n'était pas question de le «laisser aller pour une bouchée de pain».