Régis Labeaume a profité vendredi d’une tournée d’organismes communautaires du quartier Saint-Sauveur soutenus financièrement par Centraide pour faire un plaidoyer pour la main-d’œuvre locale.

Pénurie de main-d'oeuvre: Labeaume invite à investir dans les services sociaux

Le maire de Québec fait appel au portefeuille des gens d’affaires et du gouvernement pour qu’ils aident davantage les organismes communautaires. Selon lui, plus on donne, plus ça rapporte, surtout en situation de pénurie de main-d’œuvre. Une approche très mercantile qu’il assume pleinement.

Le maire de Québec fait appel au portefeuille des gens d’affaires et du gouvernement pour qu’ils aident davantage les organismes communautaires. Selon lui, plus on donne, plus ça rapporte, surtout en situation de pénurie de main-d’œuvre. Une approche très mercantile qu’il assume pleinement.

«Dans la région de Québec, on vit une crise majeure de main-d’œuvre. On est à la porte d’une crise nationale. Et si ça arrive, il va nous falloir un plan national.»

Régis Labeaume a profité vendredi d’une tournée d’organismes communautaires du quartier Saint-Sauveur soutenus financièrement par Centraide pour faire un plaidoyer en faveur du développement de la main-d’œuvre locale.

«Il ne faut plus créer de l’emploi. On va juste grossir notre problème [de pénurie]. Il faut créer de la main-d’œuvre. Il y a de l’immigration, mais ce n’est pas suffisant. Nous devons investir dans le communautaire pour avoir plus de gens aptes à l’emploi.»

Le maire ne croit pas que ses propos «très mercantiles, très capitalistes» évacuent l’importance d’adopter une approche humaine. L’important, c’est que le message passe auprès des donateurs potentiels visés: les gens d’affaires et le gouvernement.

«Ça coûte très cher d’aller chercher des ressources humaines à l’extérieur. Pourquoi on n’investit pas chez nous pour aider les gens à se remettre debout et à participer à l’effort économique?» questionne-t-il.

«On donne des subventions aux entreprises. C’est correct dans certains cas. Mais on ne serait pas mieux de mettre ces mêmes millions dans les organismes sociaux pour récupérer des gens qui participeraient à l’effort économique et social?», renchérit-il.
un plan national

Il va jusqu’à dire qu’un éventuel plan national de développement de la main-d’œuvre devrait être dirigé par les ministres économiques du nouveau gouvernement Legault. «Ils doivent faire le calcul. Il faut qu’ils se disent que c’est le meilleur investissement pour les entreprises. Il faut aiguiser les crayons. La meilleure façon de le vendre aux gens d’affaires et au ministre des Finances et autres, c’est de démontrer la rentabilité de ça», soutient le maire, sur un ton convaincu.

«Il est le temps de se réveiller», enchaîne-t-il, intarissable sur le sujet de la main d’œuvre. Depuis un an, M. Labeaume ne manque pas une occasion de soulever ce problème.
Il prend l’exemple du manque de personnel dans les résidences pour personnes âgées. Si rien n’est fait rapidement, il y aura une rupture de service à moyen terme dans ce secteur d’activités.

«Dans deux ans, on va avoir une crise majeure dans les services sociaux», faisant référence à la fermeture d’étages dans certains centres d’hébergement.

Des préjugés

L’organisateur communautaire pour le CIUSSS de la Capitale-Nationale, Marc de Koninck, est aussi président du conseil d’administration de Centraide et de Chaudière-Appalaches. Il partage la pensée du maire.

«Un des plus grands préjugés à l’endroit de la pauvreté et de l’exclusion, c’est que les gens en situation de pauvreté ne veulent pas travailler», déplore-t-il.

Selon lui, la preuve est faite que les gens peuvent participer activement à la société lorsqu’ils sont accompagnés par des organismes communautaires.

Le pdg de Centraide, Bruno Marchand, fait une différence entre la volonté d’une personne et sa capacité à se trouver du travail.

«On entend dire qu’il y a de l’emploi et les gens se questionnent à savoir pourquoi certaines personnes ne les prennent pas.«L’écart qui existe, ce n’est pas le vouloir.C’est de partir avec son CV et croire qu’on peut avoir une valeur auprès d’un employeur», conclut-il.