Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier

Pénurie d'ambulances: le maire Lehouillier a «de l'espoir»

La couverture ambulancière de Lévis sera réévaluée de fond en comble, à en croire le maire Gilles Lehouillier. Ce dernier s’est finalement entretenu avec le ministre Gaétan Barrette, vendredi, après l’avoir interpelé il y a un mois sur la pénurie de véhicules sur son territoire.

Les deux élus ne devaient se parler qu’en janvier pour discuter du problème décrié par le maire et la compagnie Dessercom, qui se charge du territoire lévisien. C’est d’ailleurs ce que confirmait toujours le cabinet de M. Lehouillier, jeudi.

Mais le décès d’Hugo St-Onge, un ambulancier de 24 ans de Dessercom Lévis, impliqué dans une histoire aussi ironique que tragique, semble avoir accéléré les choses. Le jeune homme a attendu l’ambulance le double du temps recommandé dans la nuit du 26 au 27 décembre alors qu’il était en arrêt cardiorespiratoire et qu’aucun véhicule n’était disponible sur le territoire. Il aura fallu une vingtaine de minutes avant qu’une ambulance en provenance de Saint-Charles-de-Bellechasse n’arrive sur les lieux.

Bien qu’il soit pour le moment impossible de lier ce décès au temps d’attente, la situation a tôt fait de relancer le débat sur la couverture à Lévis. 

À l’initiative de Gaétan Barrette, les deux politiciens ont eu une conversation téléphonique, vendredi matin. «On a eu une bonne ouverture du ministre», s’est réjoui le maire de Lévis en entrevue au Soleil. L’élu municipal a dénoté un changement de ton de la part du ministre. «Pour nous, il y a de l’espoir.»

Il y a un mois, M. Lehouillier avait fait une sortie en conférence de presse aux côtés de la compagnie Dessercom pour dénoncer une pénurie d’ambulances sur le territoire de sa ville. Il cherchait alors à comprendre comment une municipalité de la taille de Lévis, avec 145 000 habitants, n’avait que 7 ambulances alors que Saguenay, pour la même démographie, a 13 ambulances. Ou encore pourquoi Lévis n’a que deux ambulances la nuit et que des villes de plus petites taille en ont trois.

«Maintenant, c'est positif»

«Au départ, souvenez-vous il y a un mois, c’était non, on ne touche à rien [avec le ministre]. Maintenant, c’est positif. La pensée semble évoluer», a dit le maire de Lévis, qui est sorti de ses vacances pour partager ces développements avec les médias. «Je pense que lui aussi ça l’interpelle.»

M. Lehouillier dit avoir obtenu l’assurance, vendredi, que le ministère de la Santé et des Services sociaux allait approfondir ses analyses de besoin pour le territoire de Lévis. «Il est en train de faire regarder les paramètres territoriaux.» Il est aussi question que «divers autres paramètres d’analyse [soient étudiés] pour régler cette situation-là».

Du côté de Gaétan Barrette, son attachée de presse, Catherine W. Audet, a confirmé que d’autres discussions sont prévues dans un avenir rapproché. «M. Barrette partage les préoccupations de M. Lehouillier», a-t-elle dit. Mme Audet a aussi admis que le décès d’Hugo St-Onge avait motivé l’appel de M. Barrette. «C’est sûr que les événements ont déclenché son appel à M. Lehouillier.»

La Fédération des employés du préhospitalier du Québec a pour sa part accueilli avec optimisme le pas en avant du ministre Barrette. «On est bien encouragé si ça a pu ouvrir des lumières et faire avancer des choses. On espère que concrètement, ça va finir par une révision de leur méthode d’attributions [des ambulances]», a dit le représentant Jean-François Gagné. Ce dernier estime qu’il faudrait au moins quatre véhicules supplémentaires à Lévis, dont au moins une de plus la nuit.

M. Gagné croit que les choses ont bougé trop lentement, même si plusieurs signaux ont été envoyés au ministère. «Certains employés ont pris l’initiative d’essayer d’exposer le problème. Hugo faisait partie de ce petit groupe-là», a rappelé M. Gagné.