La cathédrale anglicane Holy Trinity

Patrimoine religieux: place à la créativité

La Ville de Québec a annoncé jeudi la composition du groupe de travail pour la préservation du patrimoine religieux, qui doit identifier des solutions pour rescaper huit églises d’exception et partager les 30 millions $ réservés à cette fin par les pouvoirs publics.

John R. Porter, qui a été aux commandes du Musée national des beaux-arts du Québec pendant 15 ans en plus de piloter son agrandissement, assume la présidence du groupe de travail.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, l’avait désigné en pleine campagne électorale. Ce dernier n’était toutefois pas présent à l’annonce officielle en raison d’un vilain rhume. La vice-présidente du comité exécutif responsable du patrimoine et de l’aménagement du territoire, Marie-Josée Savard, a pris la relève. 

«Je veux pas qu’on fasse une job de pompier. La perspective qui va nous animer, c’est une vision d’avenir. Le court terme, c’est important. Mais ce qui est encore plus important, c’est le long terme. C’est un peu comme une sorte de plan d’affaires culturel qu’on va vouloir dégager», a expliqué M. Porter, qui cherche un «équilibre entre les enveloppes architecturales et les décors intérieurs». 

Il faudra aussi faire preuve de créativité pour trouver de nouveaux usages à ces immenses bâtiments communautaires et du financement à long terme. «On ne mettra pas une bibliothèque dans chacun des bâtiments», a prévenu le leader, très à l’aise avec le «côté business» de la culture. 

John R. Porter s’est entouré de spécialistes de plusieurs disciplines, qui vont travailler bénévolement. Il les a présentés à sa façon. Serge Filion, géographe et urbaniste, a été retenu pour sa connaissance très fine du territoire. Bernard-Serge Gagné, architecte «de renom» associé chez ABCP, parce qu’il a été «associé au très beau dossier de l’Hôtel-Dieu Québec». Mario Béland, ancien conservateur de l’art ancien au MNBAQ, s’intéressera aux décors intérieurs des églises. Pierre Lahoud, historien et photographe : «Avec la hauteur qui est la sienne, il va sûrement nous aider à dégager une vision d’ensemble.» Claude Tessier est le «grand spécialiste de l’immobilier», qui s’occupera de la technique et des chiffres. 

La Ville de Québec délègue également Odile Roy, directrice de la Division de l’architecture et du patrimoine, ainsi que la conseillère Savard. 

John R. Porter assume la présidence du groupe de travail pour la préservation du patrimoine religieux.

Le groupe lancera ses travaux avant Noël. Il y aura une tournée des églises pour rencontrer les responsables des fabriques et accumuler de l’information. En février, les premiers constats seront dégagés. Les dossiers seront ensuite approfondis. Et en avril, une discussion permettra de cibler des recommandations. Le rapport sera disponible en mai. 

La distribution des subventions pourrait donc débuter en 2018, a confirmé Mme Savard. La Ville de Québec s’est déjà engagée à investir 15 millions $ dans huit églises jugées «exceptionnelles». Le gouvernement du Québec a confirmé qu’il doublait la mise avec une contribution annuelle de 1,5 million $ pendant une décennie, à partir de 2018-2019. 

Les églises choisies sont Saint-Jean-Baptiste, Saint-Roch, Saint-Sauveur, Sainte-Charles-Borromée (Charlesbourg), la Nativité (Beauport) et Saint-Charles-de-Limoilou ainsi que la cathédrale anglicane Holy Trinity. 

M. Porter a indiqué que son groupe se rendait disponible pour les autres fabriques qui veulent entretenir leur patrimoine ou développer une offre complémentaire. Il pourrait également donner son opinion sur d’autres bâtiments à caractère religieux dans la ville, comme l’église Saint-Cœur-de-Marie sur la Grande Allée par exemple, même s’il y a litige entre son propriétaire et la Ville de Québec.