Ouverture de la Grande Mosquée: «C'est des martyrs, il faut leur dire!»

Yasmina Hadj-Sahraoui a franchi la porte du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) mercredi matin en lâchant un cri perçant, un youyou, pour témoigner sa peine. C'est dans la tradition musulmane d'exprimer ainsi sa joie ou sa peine dans des événements importants.
Comme plusieurs autres membres de la communauté musulmane de Québec, elle a tenu à se présenter sur les lieux du drame mercredi matin. «Il faut leur expliquer», a-t-elle lancé à plusieurs reprises. Le CCQI a décidé d'ouvrir ses portes aux médias, mais également à tous ceux voulant se recueillir sur place.
Trois jours après le drame, la scène de crime est restée intacte. Les traces de sang, les éclats de balle, tout y est. «Je suis certain que cela va avoir un impact positif. Des images comme celles-là même celui qui n'a pas de coeur va avoir un coeur», a expliqué le président du CCIQ, Mohamed Yangui.
Depuis 7h30, il y a un va-et-vient constant de membres de la communauté qui viennent se recueillir, pour la plupart des gens qui l'ont échappé belle dimanche soir parce qu'ils n'étaient pas présents. Mais ça aurait pu être eux, disent-ils. «C'est ma deuxième maison. Je viens tous les jours. J'allais venir, mais je suis resté à la, mais pour manger, a expliqué Ali. Il faut ouvrir pour permettre de voir. On n'a rien à cacher.»
La mosquée a par la suite été fermée aux médias, soit vers midi.