Le 29 janvier constitue le triste anniversaire de l'attentat à la Grande Mosquée de Québec.

Ottawa hésite toujours à créer une journée commémorant l’attentat à la Grande Mosquée

OTTAWA — Le gouvernement Trudeau semble embarrassé par l’idée de faire du 29 janvier — anniversaire de l’attentat à la mosquée de Québec — une journée nationale de commémoration contre l’islamophobie.

Les libéraux ont eu quatre mois, depuis qu’un comité parlementaire lui a recommandé de poser ce geste, pour trancher cette question. Or, dans la réponse gouvernementale déposée vendredi après-midi aux Communes, ils ne livrent aucun verdict.

Dans le paragraphe du document de 24 pages consacré à cette suggestion spécifique, on note que «les Canadiens doivent se souvenir de cette tragédie», sans pour autant statuer sur la possibilité de décréter le 29 janvier jour de commémoration.

Au bureau de celle qui signe la réponse au nom du gouvernement, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, on n’avait pas encore précisé, vendredi en fin de journée, si cela voulait dire que l’on faisait une croix sur la recommandation du comité.

Celui-ci avait notamment recommandé, dans un rapport remis en février dernier, que «le 29 janvier soit déclaré Journée nationale de commémoration et d’activités concernant l’islamophobie et toute autre forme de discrimination religieuse».

Au total, les élus du comité avaient formulé 30 propositions après avoir reçu le mandat de se pencher sur le «racisme systémique et la discrimination religieuse, incluant l’islamophobie».

La ministre Mélanie Joly, qui signe la réponse gouvernementale rendue publique vendredi, avait plaidé à l’époque qu’elle devait avoir le son de cloche de ses collègues avant de se prononcer à ce sujet.

«Il y a toujours un processus; je dois m’assurer d’avoir la position du gouvernement, et j’aurai l’occasion d’annoncer la position du gouvernement», arguait-elle le 1er février.

Le Conseil national des musulmans canadiens avait écrit à Justin Trudeau un mois auparavant pour lui demander de créer une journée de commémoration de l’attentat qui a fait six victimes à la mosquée de Québec.

«Discrimination institutionnelle»

Dans les premières pages du document, il est écrit que «le gouvernement du Canada reconnaît l’existence de la discrimination institutionnelle».

Et le fédéral «a un rôle à jouer pour que les enjeux de discrimination soient abordés afin que nos institutions soient plus inclusives et reflètent la diversité de notre pays».

C’est la raison pour laquelle 23 millions $ sur deux ans ont été mis de côté dans le budget fédéral de 2018 «en augmentation au financement du programme de multiculturalisme», peut-on lire dans la réponse du gouvernement.