Opposition à la conversion du Concorde: de l'âgisme, dénonce la FADOQ

Ceux qui s'opposent à la conversion du Concorde en résidence pour aînés, font preuve «d'âgisme», soutient le directeur général du Réseau FADOQ de Québec-Chaudière-Appalaches, Gérald Lépine, qui déplore la réaction de certains commerçants de la Grande Allée.
<p>Le directeur général du Réseau FADOQ de Québec-Chaudière-Appalaches, Gérald Lépine</p>
«Je trouve questionnable qu'on se sente dérangé par le fait qu'un hôtel soit converti en résidence pour personnes âgées. Dans la mesure où c'est un établissement qui est bien tenu, je ne vois pas du tout comment le fait que des personnes âgées soient sur la Grande Allée peut déranger les commerces qui sont autour», a soutenu le dg de la FADOQ (Fédération de l'âge d'or du Québec).
L'annonce du changement de vocation de l'édifice inauguré en 1974 a suscité de vives réactions. Dans Le Soleil de mercredi, des commerçants mettaient en doute la compatibilité de cette clientèle avec les activités animées et nocturnes de la Grande Allée. Le copropriétaire du Maurice Nightclub, Philippe Desrosiers, a qualifié la situation de «carrément ridicule» et de «vraiment décevante». Le pdg du Château Laurier, Alain Girard, se demandait pour sa part comment pourront être conciliées ces deux réalités. 
Toute la journée mercredi, la nouvelle a aussi provoqué plusieurs commentaires parfois cinglants des internautes. Sur la page Facebook du Soleil, des lecteurs, dont certains préféreraient voir des résidences universitaires, ont dit craindre que les futurs résidants se plaignent du bruit des bars et des festivals, nuisant ainsi au dynamisme du secteur. D'autres ont opté pour l'ironie en écrivant que «le Dagobert pourrait faire des soirées hommage aux Platters ou les Gérolas [sic]». «Le Maurice va sûrement faire des 5 à 7 marchettes!» a aussi écrit un internaute.
«C'est de l'âgisme, définitivement», a dénoncé Gérald Lépine. Les futurs locataires sauront pertinemment qu'ils s'installent dans un secteur où ça bouge. De toute façon, ajoute-t-il, il y a déjà plusieurs résidants âgés dans le secteur et «la vie dans ce quartier-là ne changera pas parce qu'il va y avoir un établissement pour personnes âgées».
Il en a aussi contre la lubie du maire Régis Labeaume de vouloir rajeunir la ville à tout prix. «Les électeurs, ceux qui élisent les gouvernements, ce sont en bonne partie des personnes âgées. Et ce sont des consommateurs de services», martèle-t-il.
Pour Serge Viau, ancien directeur général de la Ville de Québec et architecte et urbaniste de formation, ce projet est un signe de vitalité pour la capitale. «Je trouve ça intéressant que, dans le centre-ville de Québec, on soit encore capable de faire de l'habitation de toute catégorie et qu'il y ait des gens qui recherchent ça et qui aiment venir y vivre. C'est un grand plus pour Québec.»
Avec Valérie Gaudreau