Le premier ministre Philippe Couillard en compagnie du maire de Québec, Régis Labeaume, lors de l'annonce du projet de tramway de Québec, le 16 mars dernier.

«On a plus que notre part», dit Labeaume

Les maires de Québec et Lévis jubilaient à la sortie du budget Leitão, lors duquel a été confirmée la pluie de millions qui s’abat sur les deux rives depuis deux semaines.

«On a eu plus que notre part», a spontanément lancé Régis Labeaume avec, en main, une liste des projets financés. «Ce sont tous des projets où on avait pris des engagements pendant la campagne: la falaise de Sillery, les rivières [une annonce sera faite aujourd’hui sur leur mise en valeur], les grands événements reviennent, il y a de l’argent pour la main-d’œuvre et la culture», a-t-il énuméré, avant d’ajouter qu’il était «comblé». 

LIRE AUSSI: Des garanties pour le tramway mais pas pour le troisième lien

Il faut dire que le gros de l’argent, 1,215 milliard $, réservé au réseau structurant de transport en commun était déjà connu depuis deux semaines. «Le budget a eu lieu le 16 mars pour nous, indique M. Labeaume en référence à la date de l’annonce du projet de tramway. C’est gelé. C’est ficelé. On a toujours voulu ça. On part [le projet] demain matin et on a 215 millions $ pour démarrer.»

Autre sujet chaud de la dernière année, M. Labeaume se dit heureux des 62 millions $ sur deux ans réservés pour aider les municipalités à gérer la légalisation du cannabis, notamment en matière de sécurité publique. Les sommes serviront à la formation des policiers et à l’achat de matériel de détection des conducteurs avec les capacités affaiblies par le cannabis.

Avec tout cet argent, reste-t-il encore des choses à financer dans la capitale, surtout à l’approche des élections provinciales. Le maire a-t-il encore une liste d’épicerie, s’est-il fait demander. «On est créatif», a-t-il répondu à la blague, tout en vantant la complicité qu’il a avec le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx. 

Un sourire d’une rive à l’autre

Le maire de Lévis était aussi d’humeur joyeuse. «La grosse nouvelle a été annoncée vendredi dernier», mentionne Gilles Lehouillier, au sujet des 87 millions $ reçus pour aménager des voies réservées pour le transport en commun sur le boulevard Guillaume-Couture.

Le maire a aussi la garantie que le ministère des Transports transformera la route des Rivières (116), à Saint-Nicolas, en boulevard urbain. Une autre pièce maîtresse de la consolidation du réseau de transport en commun de Lévis. Le maire Lehouillier évalue les travaux à quelque 50 millions $. «C’est mission accomplie», a-t-il conclu.

+

TROISIÈME LIEN: DES PROPOS QUI N'INQUIÈTENT PAS

Gilles Lehouillier et Régis Labeaume affirment ne pas être inquiets des déclarations du ministre des Finances et du président du Conseil du Trésor, laissant croire que le gouvernement du Québec ne pouvait financer dans les 10 prochaines années un troisième lien entre Québec et Lévis.

«C’est un imbroglio, s’est exclamé le maire de Lévis. On a pris contact avec le ministre des Finances. Ils ont précisé leur pensée que le troisième lien sera réalisé», analyse Gilles Lehouillier, promettant d’être «extrêmement vigilant. Ça va être un cheval de bataille».

«C’est un quiproquo. Le troisième lien ne peut pas être dans le programme québécois des infrastructures. Il est encore à l’étude, a pour sa part nuancé Régis Labeaume. Nous, on est dedans pour la première fois en huit ans, illustre-t-il, au sujet du projet de tramway. Disons que je ne suis pas plus inquiet que ça.»

Les deux hommes rappellent qu’il y a toujours 20,5 millions $ engagés dans le bureau de projet sur la faisabilité d’un troisième lien.

Pour la Coalition avenir Québec, il est clair que les Libéraux veulent passer le projet «à la trappe». «Ça fait plusieurs années qu’on comprend que le Parti libéral n’a aucun appétit pour le troisième lien. Devant l’échéance électorale, deux ministres montréalais viennent nous dire qu’à Québec, on n’a pas les moyens d’avoir les deux projets de front.»