Nouvelles-Casernes: les travaux amorcés, le sort inconnu

Près de cinq ans après l’annonce de l’investissement de 20 millions $, les travaux de sauvetage des Nouvelles-Casernes battent finalement leur plein dans le Vieux-Québec. Mais leur sort n’est toujours pas fixé.

Les années de préparatifs et de tergiversations quant à leur avenir n’ont donc pas permis de dégager un consensus quant à l’occupation du lieu historique. En attendant que les propositions les plus lumineuses séduisent les élites, une vingtaine d’ouvriers manient cependant marteaux piqueurs, grues et pelleteuses pour démonter les structures de maçonnerie ancestrales abîmées. Ils seront une quarantaine au plus fort des travaux de la phase 1 à s’affairer rue de l’Arsenal, à l’intersection de la côte du Palais.

Au passage du Soleil mardi, il y avait beaucoup d’action dans ce secteur habituellement paisible voisin du pavillon de l’Hôtel-Dieu de Québec. C’est que deux sites historiques subissent une cure en même temps. Juste à côté des Nouvelles-Casernes, le fédéral bichonne toujours la Redoute Dauphine — vous savez, il s’agit de la construction blanche plantée dans le Parc-de-l’Artillerie, tout au bas de la rue D’Auteuil dans le Vieux-Québec. Ce projet doit se terminer en 2018... si tout va bien.

Le sauvetage des Nouvelles-Casernes, lui, ne sera pas complété avant 2020, peut-être 2021, note notre guide, la coordonnatrice des communications et des relations publiques de la CCNQ, Anne-Marie Gauthier. Durant la phase 1, les trois structures de l’ouest seront retapées. La première témoignera de l’époque française qui a duré du début de la construction en 1749 jusqu’à la Conquête anglaise de 1759. Les deux suivantes ressembleront plus à la période britannique finie en 1871 lorsque le nouveau gouvernement canadien a acheté les casernes militaires pour y installer une usine de munitions nommée l’Arsenal. Celle-ci a fermé en 1964. 

Et la suite?

Mardi, la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) avait organisé un grand remue-méninges dans l’espoir de dénicher de bonnes idées pour redonner vie aux Nouvelles-Casernes. Une soixantaine d’experts du patrimoine, de citoyens, d’architectes et autres personnes intéressées par les bâtiments érigés entre 1749 et 1752 étaient réunis.

Et ils ont soumis, en fin de journée, une panoplie de propositions de transformation des Nouvelles-Casernes qui seront analysées ultérieurement par la CCNQ : un lieu public de divertissement quatre saisons; un site dédié à l’univers agroalimentaire; un endroit de diffusion du savoir, d’enseignement des arts, de l’architecture; un centre de création numérique et un espace de travail partagé (coworking); un centre familial comptant une garderie, un endroit de vulgarisation scientifique, des jeux; une microbrasserie; une auberge avec dortoirs rappelant le passé militaire; un musée d’interprétation… 

Une diversité d’inspirations qui témoignent bien du casse-tête que représentent les Nouvelles-Casernes pour les autorités publiques. «Il y a une complexité extraordinaire à trouver une vocation pérenne à ce bâtiment», convient Anne-Marie Gauthier. 

Pas facile d’aménager les sept maisons de pierres collées les unes aux autres faisant 160 mètres de longueur par 10 mètres de large. D’autant plus qu’elles sont abandonnées depuis 1964 et que des incendies et intempéries ont abîmé les Nouvelles-Casernes.

Mme Gauthier invite les curieux à suivre l’évolution du chantier sur le site Web de la CCNQ. Il est également possible d’y donner votre point de vue sur la vocation future des Nouvelles-Casernes, rendez-vous ici: www.capitale.gouv.qc.ca