Le ministère de la Culture ignore quelle vocation auront les Nouvelles Casernes, récemment classées bâtiment historique.

Nouvelles Casernes: le maire admet que le projet a du plomb dans l'aile

Le projet de donner un second souffle aux Nouvelles Casernes a du plomb dans l'aile. Le maire de Québec, Régis Labeaume, a admis être de moins en moins sûr de voir le bâtiment datant de la Nouvelle-France revivre, faute d'argent dans les coffres de l'État.
«J'ai un petit down là-dessus», a dit M. Labeaume en marge du lancement de l'exposition Révélations, présentée aux voûtes de l'îlot des Palais rouvertes après deux ans de travaux. «C'est bien sûr qu'avec l'état des finances actuelles, c'est moins vendeur», a fait valoir le maire, ajoutant que le projet a été annoncé à deux reprises par deux différents gouvernements sans toutefois que l'argent soit sécurisé pour sa réalisation.
«Je pensais qu'on l'avait réussi et aujourd'hui je suis moins sûr. Ça me désole énormément», a laissé tomber M. Labeaume, tout en précisant que personne n'est à blâmer dans le dossier. Il dit cependant toujours croire en l'idée de transformer les lieux, qu'il qualifie de «cicatrice urbaine». Et il compte travailler avec le ministre de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, et la conseillère Julie Lemieux pour y parvenir.
Restauration au minimum, la suite plus floue
Le bâtiment de 1749 sera au minimum restauré grâce aux travaux d'urgence déjà annoncés l'été dernier par le précédent gouvernement. «Au moins on sauve les meubles, mais c'est très peu par rapport à l'ensemble de l'oeuvre», a commenté le maire, qui souligne que la suite des choses est beaucoup plus floue.
La Commission de la capitale nationale du Québec a lancé un appel de proposition l'hiver dernier auquel ont répondu six organismes. La Ville de Québec n'a pas participé au concours d'idées bien que le maire a souvent fait part de ses plans, notamment celui d'aménager un centre d'interprétation de la francophonie et de généalogie. Jeudi, il a aussi affirmé qu'il voyait bien un marché s'installer à cet endroit stratégique dans le Vieux-Québec. Mais rien de tout ça ne verra le jour à court terme. «Je n'ai pas le goût d'être fataliste», a conclu le magistrat, la mine basse.
Des halles dans le Vieux-Québec?
La Table de concertation du Vieux-Québec planche sur un projet de halles qui permettrait de bonifier l'offre de commerces de proximité dans le secteur, a dévoilé jeudi la conseillère municipale Julie Lemieux.
«Ça ne serait pas du luxe!» a-t-elle laissé tomber, soulignant que le secteur avait grand besoin de nouveaux commerces, notamment pour permettre aux résidents de faire leurs courses quotidiennes. Composée des principaux acteurs du Vieux-Québec, la Table s'est réunie ce printemps pour discuter du projet et d'un emplacement idéal pour le concrétiser.
Le regroupement a dans la mire les terrains excédentaires de L'Hôtel-Dieu, qui devraient bientôt être mis en vente. La Ville de Québec pourrait s'en porter acquéreur seul ou encore, s'unir à d'autres partenaires, a expliqué Mme Lemieux, précisant que rien n'était arrêté pour l'instant. Les halles seraient par ailleurs doublées d'un projet immobilier, situé aux étages supérieurs du futur bâtiment.