Les pancartes, peu nombreuses mais bien présentes à Québec, annoncent aux citoyens qu’ils se trouvent «dans une zone à risque», où les ambulanciers sont «surchargés». Elles ont été installées sur des lampadaires, du moins pour celles observées par Le Soleil, notamment sur la 3e Avenue, dans le quartier Limoilou.

Nouvelles affiches visées par la Ville

Une autre campagne d’affichage syndicale est désormais dans la mire de la Ville de Québec.

Dans la foulée de ce qu’on pourrait baptiser «d’affaire des pancartes électorales», la Ville demande maintenant le retrait d’affiches appartenant à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), a-t-on appris mardi. 

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La campagne visée a été lancée à l’automne 2017, à travers la province, dans le contexte de la négociation des ambulanciers pour de meilleures conditions de travail. L’offensive de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH-CSN) s’attaquait principalement à la surcharge de travail de ses membres. L’affaire avait fait couler beaucoup d’encre à Québec, quand le syndicat s’est mis à dévoiler des cas de délais d’intervention imputables au manque de ressources, et qui auraient pu contribuer à des décès.  

Les pancartes, peu nombreuses mais bien présentes à Québec, annoncent aux citoyens qu’ils se trouvent «dans une zone à risque», où les ambulanciers sont «surchargés». Elles ont été installées sur des lampadaires, du moins pour celles observées par Le Soleil, notamment sur la 3e Avenue, dans le quartier Limoilou. 

L’administration municipale ne semble pas avoir eu connaissance de l’initiative avant mardi, lors d’une demande d’information du Soleil, si bien que les affiches sont présentes depuis des mois sur son territoire. 

Par sa démarche, Le Soleil tentait de comprendre la différence entre les pancartes des ambulanciers, qui semblaient tolérées, et celles d’une coalition syndicale, installées la semaine dernière dans la circonscription de Taschereau. Les affiches litigieuses attaquent la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral (PLQ), «du pareil au même», à l’approche de la campagne électorale.  

«La campagne d’affichage des ambulanciers, quoique moins visuellement présente sur le territoire, est également illégale, comme tout autre affichage non autorisé sur le domaine public. La Ville invite les responsables à procéder à leur retrait le plus rapidement possible. La Ville agit par priorité et la collaboration de tous est souhaitée», a déclaré mardi David O’Brien, porte-parole de la Ville de Québec. Un avis sera envoyé «rapidement» à la CSN. On évoque à nouveau le Règlement harmonisé d’urbanisme.

Du côté de la CSN, aucun avis n’avait été reçu mardi. La conseillère syndicale Katerine Desgroseillers a seulement confirmé que la campagne avait été lancée «depuis plusieurs mois», sans pouvoir commenter davantage.

Dossier distinct  

Le dossier de la CSN est traité de façon distincte de celui de la coalition syndicale formée de six syndicats affiliés à la FTQ, dont le Syndicat canadien des la fonction publique (SCFP).

Dans le cas des pancartes anti-CAQ et anti-PLQ, une mise en demeure a été envoyée par la coalition à la Ville de Québec, lundi, après que cette dernière eut décidé de retirer toutes les affiches aux frais «des contrevenants».

Les syndicats dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et tenteront d’obtenir une injonction de la cour afin de permettre à nouveau l’affichage dans la capitale. 

Outre Québec, la municipalité de Saint-Jérôme a aussi ordonné aux syndicats de retirer les affiches. La Presse rapportait mardi que la Ville de Laval menait quant à elle une inspection afin de s’assurer que l’initiative respecte sa réglementation. 

La Ville de Québec n’émet plus de commentaires dans ce dossier depuis la réception de la mise en demeure, lundi soir.