Mercredi marquait l'entrée en vigueur de la nouvelle mouture du règlement de la Commission des champs de bataille nationaux sur les contraventions, après deux semaines de grâce.

Nouvelle réglementation sur les Plaines: les agents appliqueront le «gros bon sens»

Habitués des plaines d'Abraham, ce n'est pas demain la veille que vous écoperez d'une amende pour avoir laissé une fois votre chien en liberté ou vous être aventurés à vélo avec insouciance dans un sentier pédestre. Les agents de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) comptent bien user de leur jugement et de leur «pouvoir discrétionnaire» avant d'appliquer une série de règlements qui donne l'impression dans l'opinion publique que même marcher sur l'herbe est dorénavant frappé d'interdit...
Mercredi marquait l'entrée en vigueur de la nouvelle mouture du règlement de la CCBN sur les contraventions, après deux semaines de grâce. Les contrevenants peuvent dorénavant s'exposer à des amendes variant entre 75 $ et 200$ pour avoir pratiqué le patin à roues alignées ailleurs que sur l'ovale, près du Musée des beaux-arts, ou barboté dans une fontaine. Or, qu'on se rassure, Ghislain Michaud et Éric Sylvain n'ont pas passé leur mercredi à faire la chasse aux contrevenants.
Peu de délinquants
«On a fait une grosse affaire avec pas grand-chose...» laisse tomber M. Sylvain au sujet de cette vingtaine de règlements qui existent depuis 1991, mais que lui et ses deux autres collègues de la CCBN peuvent maintenant appliquer, amendes à la clé. Pour les deux hommes, les habitués des Plaines qui posent un problème représentent une minorité.
«Le gros bon sens va rester là. Le but est que tout le monde soit bien et en sécurité, ajoute M. Michaud. C'est rien de bien compliqué. On va commencer par aviser les gens. C'est pas vrai qu'on va tomber sur le dos des gens, qu'on va se cacher pour pogner le monde.»
Ainsi, le récalcitrant, peu importe son infraction, se verra coller une amende, mais seulement après avoir reçu quelques avertissements, et non à la première offense. Ce qu'on appelle le «gros bon sens» dans le jargon des agents...
«Comme ça, si je veux venir lancer le Frisbee avec mon fils, et que je laisse mon chien attaché, c'est correct?» demande à l'agent une employée de la sécurité au Festival d'été, au sujet des «activités organisées ailleurs que dans les endroits conçus à cette fin». Sans problème, de lui répondre M. Michaud, précisant que tout est affaire de «savoir-vivre».
«Je suis d'accord, ce n'est rien d'exagéré, j'aime mieux ça que l'interdiction totale des chiens», lance Jean-Marc Cantin, un résident du quartier Montcalm venu promener son fidèle compagnon Diabolo. «Il y en a qui ont peur des chiens alors quand ils en voient arriver un haut d'même, c'est pas évident.»
Depuis deux jours, M. Michaud n'a servi que deux avertissements, tous deux à des cyclistes ignorants des règlements. On ne doit pas s'en étonner, les panneaux d'interdiction n'étant pas des plus visibles. Même le représentant du Soleil s'est aventuré sur deux roues au chemin menant au kiosque Edwin-Bélanger, alors que c'est interdit...
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, termine M. Michaud, en poste depuis huit ans, les Plaines sont calmes de nos jours. «Ça brassait pas mal plus il y a 15 ou 20 ans...»