Le projet d'anneau de glace couvert sur le site de l'actuel anneau Gaétan-Boucher devra se passer du programme fédéral d'infrastructures, sur lequel la Ville de Québec comptait pour en financer la construction.

Nouvelle querelle en vue entre Québec et Ottawa pour l'anneau de glace

Le chat est sorti du sac. Le nouveau programme fédéral d'infrastructures sur lequel comptait la Ville de Québec pour financer un anneau de glace exclut les équipements de loisir.
Il faudra trouver l'argent ailleurs, ce qui implique une entente avec le provincial et risque de causer de nouveaux délais.
Le ministre Denis Lebel dit croire au projet d'anneau de glace, mais son ton met en fait la table pour une nouvelle querelle fédérale-provinciale, sinon une querelle tripartite.
En entrevue au Soleil, M. Lebel a blâmé le gouvernement provincial pour les retards. «C'est quand même particulier que le Québec vienne déposer un budget qui priorise un anneau de glace dans un budget qu'ils savent qu'il ne sera pas adopté.»
«C'était facile d'écrire des choses et de pelleter ça; là-dedans, il y a beaucoup de stratégie politique.»
M. Lebel reproche au gouvernement du Québec de ne pas avoir donné priorité à ce projet quand il était temps et que les critères du programme d'infrastructures auraient permis d'y puiser les 33 millions nécessaires.
«Depuis 2007 que le plan Chantiers Canada est en place et qu'on attend», dit-il. «Ils ont eu sept ans pour le passer et il pope dans le budget de jeudi».
Le ministre fait valoir qu'il reste encore de l'argent dans ce programme et que le Québec n'a qu'à l'utiliser. Il ne peut cependant préciser quelles sont les sommes restantes et reconnaît que ce serait insuffisant.
Pourquoi avoir exclu les équipements de loisir du nouveau programme d'infrastructures? Pour prioriser le développement économique et l'emploi, dit-il.
M. Lebel croit qu'il y a dans les revenus de taxes d'accise sur l'essence disponibles pour les villes de quoi payer l'anneau de glace. À condition que la Ville n'ait pas déjà budgété cet argent pour autre chose.
En avant-midi, veille de la cérémonie du cardinal Gérald Cyprien Lacroix, le maire de Québec avait pourtant semblé confiant.
«On va régler ça ici, à l'église Saint-Pierre, je vais allumer un lampion en arrivant. Il devrait me certifier ça devant Dieu et devant les hommes», s'est-il amusé.
En fin de journée, il ne rigolait plus. Le maire n'en démord pas.
«Le fédéral, ils n'ont pas le choix», insiste-t-il.
Régis Labeaume s'est par ailleurs réjoui des 70 millions $ obtenus dans le budget provincial.
«La ministre Agnès Maltais et la première ministre [Pauline] Marois ont fait montre d'un très grand respect pour la Capitale-Nationale», dit-il.  
«Elles ont décidé qu'elles mettaient tout le poids qu'il faut pour que Québec obtienne ces infrastructures-là, et je les en remercie très sincèrement.»
Les 32,5 millions $ annoncés pour un anneau de glace couvert vont forcer la main à Ottawa, espérait alors le maire de Québec.
Parc Dalhousie
Quant au projet de parc Dalhousie, «c'était un must. Depuis qu'on a sorti le croquis, les gens en voulaient».
«Ça va dramatiquement changer le décor du centre-ville», prévoit le maire. «Avec Samuel-De Champlain 3 et ce qui s'en vient au bassin Louise, ça va être magnifique.» Le gouvernement du Québec y consacrera 31 millions $ et la Ville, 8 millions $.
Le stationnement de surface devant le Musée de la civilisation va céder la place à un parc d'ici 2017, à temps pour les fêtes du 150e de la Confédération.
L'objectif d'augmenter le nombre total de cases de stationnement en creusant en «demi-sous-sol» a cependant été mis de côté. La proximité de l'eau et des marées rendait la chose impossible.
Incluant les 6 millions $ pour la chapelle du Bon-Pasteur, les projets annoncés dans le budget de jeudi devraient entraîner un investissement total de 125 millions $ et de 150 millions $, si on inclut les parts du gouvernement fédéral et de la Ville de Québec.
VU
Des nouvelles de Rome? Radieuse. Du soleil et 16 degrés. Des clients en manches courtes sur les terrasses à l'heure du midi. Des pelouses et des arbres verts. Les marches de la place d'Espagne grouillantes à la nuit tombante. Sur les étals des marchands, de gros artichauts dodus et rougeauds. 20h30. Par la fenêtre ouverte de mon B&B près du Vatican, les notes d'un saxophone. L'hiver à Rome. Cette ville ne souffre pas assez. Elle va finir en enfer.
J'ai croisé vendredi la sénatrice conservatrice Suzanne Duplessis. Elle est membre d'une association de parlementaires et de sénateurs canadiens qui souhaitent accroître les liens avec le Vatican. Ce que cette association fait de différent ou de mieux que les services diplomatiques du Canada? Mme Duplessis n'a pas réussi à bien me l'expliquer. Ou moi à bien comprendre. Elle a fini par me raconter que grâce à son association, le Canada va payer pour restaurer un kayak endommagé, exposé dans un musée du Vatican. C'est rassurant de savoir que le Canada s'occupe des choses importantes.
J'ai aussi croisé Denis Lebel, ministre du Québec dans le gouvernement d'Ottawa. Il a eu «l'honneur» de connaître le cardinal Gérald Cyprien Lacroix il y a longtemps, en 1986 à la Maison du Renouveau dans Charlesbourg. «Le même homme, très près du peuple. En lien avec le pape dans sa vision de se rapprocher des gens.»
ENTENDU
À la télé, le match Canada-É.-U. commenté en italien. J'ai reconnu deux mots. Pericoloso, qui veut dire dangereux. Et Pacioretty, qui veut dire «surévalué». Ce n'était pas dans la même phrase. Coudonc, je viens de voir le tableau des médailles. Le Canada est presque redevenu le plus meilleur pays du monde dans les plus meilleurs Jeux du monde. À qui Marcel Aubut va-t-il faire l'accolade?