«On ne peut pas être dans un meilleur lieu pour essayer un jeu sur la Nouvelle-France. Pour moi c’était un contexte parfait, en plus la thématique cette année, c’est le jeu et le divertissement à l’époque de la Nouvelle-France», Jacques-Dominique Landry, le concepteur du jeu.

Nouvelle-France, un jeu de société [VIDÉO]

Amateurs d’histoire ou d’amusement, ils sont nombreux à essayer le prototype du jeu de société Nouvelle-France au cœur du quartier du divertissement au parc de l’Esplanade.

Avec comme thématique «ici, l’histoire se joue» aux Fêtes de la Nouvelle-France, la présentation du jeu de société Nouvelle-France est un réel succès. Rassemblée à l’une des trois tables où se trouve un prototype du jeu, une famille écoute les explications du concepteur du jeu, Jacques-Dominique Landry. «On ne peut pas être dans un meilleur lieu pour essayer un jeu sur la Nouvelle-France. Pour moi c’était un contexte parfait, en plus la thématique cette année, c’est le jeu et le divertissement à l’époque de la Nouvelle-France», explique-t-il.

Le but du jeu : devenir l’Ingénieur du Roy pour diriger l’ensemble des constructions en Nouvelle-France. Pour ce faire, les joueurs doivent construire les édifices de la Nouvelle-France avant l’arrivée de l’hiver. «Quand je me promène à Québec, je marche dans l’histoire. Je me suis dit que cette thématique-là serait fabuleuse pour un jeu de société. Depuis de nombreuses années, je travaille là-dessus», indique M. Landry.

Une thématique historique

Bien qu’il porte le nom de Nouvelle-France, ce jeu ne porte pas sur l’histoire. «Il n’y a pas de question-réponse. C’est vraiment un jeu de société où on place des pièces de construction, mais tous les éléments qui sont dans le jeu sont historiques. Les filles du Roy, les coureurs des bois, les premiers peuples, les systèmes seigneuriaux», continue-t-il. Ce jeu nécessite une dizaine de minutes d’explications et peut se jouer pendant 45 à 60 minutes.

Un volet éducatif

Jacques-Dominique Landry souhaite que son jeu devienne un outil pédagogique. «Je sais que les gens qui aiment l’histoire aiment l’arrivée du jeu. Il y a des enseignants qui voudraient que le jeu se retrouve en classe comme outil pour amener à la révision scolaire. Il y aurait peut-être une possibilité d’ajouter un volet pédagogique au jeu», souligne-t-il. Pour ce faire, dans chaque boîte de jeu, il y a un livret historique qui explique différents termes de la Nouvelle-France. Écrit par des historiens, il permet à quiconque d’en apprendre sur l’époque. Pour le vocabulaire du jeu, M. Landry s’est fié à des historiens et un spécialiste de la rencontre entre les différents peuples. «Je ne vais pas parler des Montagnais, mais bien des Innus. Même chose pour le mot amérindien, qui a aujourd’hui une connotation péjorative, il va être remplacé par premiers peuples, explique-t-il. Je pense qu’on a avantage à faire connaître notre histoire. J’ai un double rêve : le défi de faire le jeu, mais aussi de faire connaître notre coin de pays», espère-t-il. Le jeu devrait paraître l’année prochaine selon leur campagne de sociofinancement qui aura lieu cet automne.

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LA MAISON DE JEUNE DE MME DE PÉAN

Le quartier du divertissement offre une variété d’activités pour les enfants tout comme les plus grands. Au centre de celui-ci, la Maison de jeu de Mme de Péan, une cabane de toile et bois, qui vaut le détour. À l’intérieur : un mélange de cris de joie, d’expressions d’antan et de gens qui parlent très fort. On peut y jouer des jeux de pari, de cartes et de dés. «On est ici pour tenir une maison de jeu clandestin en honneur à Madame de Péan. C’était la première maison de jeux clandestins en Nouvelle-France, juste ici, au 57 rue Saint-Louis», explique le président des productions Oyez! Oyez!, Frédéric Lalumière. Les joueurs qui se retrouvent pour parier le font à l’insu de la royauté, des instances et de la religion. L’ambiance est très festive et grivoise. «On veut reconstituer l’esprit d’une maison de jeu, soit une maison très bruyante. C’est une expérience de proximité, au niveau du jeu et c’est un dépaysement au niveau du langage et de la façon dont on aborde les gens», continue M. Lalumière, fier des comédiens qui anime le tout. De 12h à 17h, il est possible d’aller y faire un tour, et de se procurer l’argent d’antan, soit la monnaie de carte. «En 1684, le Roy envoie des soldats en Nouvelle-France et ordonne à celle-ci de les faire vivre : mais il oublie leur salaire! C’est à ce moment que l’Intendant De Meulles eut l’idée de la “monnaie de carte”. On se servait de cartes à jouer ordinaires», est-il écrit sur les cartes à jouer. Tout au long de la journée, malgré la chaleur, le kiosque est inondé de monde et les comédiens, continuent de crier à tue-tête malgré leur perte de voix. Maude Petel-Légaré