Nombre croissant de navires de croisière: «la capacité maximale» atteinte, selon Mario Girard

Il y avait 13 000 croisiéristes et membres d’équipage dans la capitale le vendredi 5 octobre au plus fort de la période des croisières. Si certains craignent que ce nombre important de visiteurs nuise à la qualité d’accueil et l’expérience client, le président-directeur général du Port de Québec rappelle que c’était une période de pointe exceptionnelle.

La semaine dernière, le copropriétaire de l’Hôtel Château Fleur de Lys exprimait au Soleil ses appréhensions face au tourisme de masse que représente le marché des croisières.

«Ça n’a pas de sens. Depuis deux ans, on entend des clients se plaindre, ce qui n’était pas le cas avant. Trop de monde, trop cher, trop de tourisme de masse, on marche porté par la foule et on ne voit rien… nous avons même entendu des “pas sûr qu’on revienne l’été”», racontait Romuald Georgeon.

«C’est comme la capacité maximale. On ne peut pas mettre les bateaux dans les airs», a lancé en boutade Mario Girard, pdg du port à propos du week-end de l’Action de grâce fort achalandé pendant lequel sept navires étaient amarrés.

Le port souhaite doubler sa capacité d’accueil de 200 000 actuellement, touristes et membres d’équipage, à 400 000 d’ici 2025. Un souhait pouvant laisser penser que la capitale accueillera encore plus de monde en même temps. Mais il n’en est rien, soutient le M. Girard.

«Ce qu’on veut, c’est étaler les croisières. L’arrivée par bateau de 400 000 visiteurs passe inévitablement par une saison des croisières qui débute en juin», poursuit-il.

Du même souffle, le pdg souligne que le port n’a aucun contrôle sur la programmation des croisières. «Est-ce qu’on peut dire à un bateau: «Tu viens le samedi et pas le dimanche?» On ne peut pas faire ça.» La programmation se fait longtemps à l’avance, parfois jusqu’à deux ans.

M. Girard tient aussi à nuancer la responsabilité attribuée au port pour le développement des croisières. «On dit: «Le port veut plus de croisières.» Mais en réalité, le port de Québec est un contributeur. On travaille avec les autres acteurs de l’industrie.»

«La plainte du monsieur de l’hôtel, c’est la première fois que j’entendais ça», lance-t-il, d’un air surpris. On va regarder ça, on va voir ce qui peut se faire», ajoute-t-il, signalant qu’il est habilité à reconnaître quand les infrastructures portuaires sont au maximum de leur capacité, mais pas nécessairement les équipements touristiques de la ville.

Loin du point de rupture

Le directeur de l’Office du tourisme de Québec, rassure que la capitale peut accueillir le nombre de visiteurs qui a sillonné les fortifications la fin de semaine de l’Action de grâce, reconnaissant qu’il y avait beaucoup de monde.

N’en déplaise à certains, «il va toujours y avoir des périodes avec des peaks». Mais Selon lui, Québec est loin d’une surabondance de touristes que vivent plusieurs grandes villes européennes. «On n’est pas là et on ne veut pas que ça arrive», résume-t-il.

S’il y a un point sur lequel il est d’accord avec M. Georgeon, c’est l’importance de l’expérience client. «On est tous à la même place. On a ce souci-là. Mais ce n’est pas si facile. Il faut répondre à la demande en donnant un service à la clientèle impeccable», résume-t-il, en soulignant que la qualité du travail doit être quand même bien puisque Québec gagne depuis quelques années des prix pour être parmi les meilleures escales au monde.