Le candidat à la mairie Jean-François Gosselin a assisté au match opposant le Rouge et Or aux Carabins, dimanche après-midi, et en a profité pour rencontrer quelques citoyens.

Neutralité religieuse: une loi «trop floue»

Régis Labeaume et son adversaire à la mairie Jean-François Gosselin semblent s’entendre sur au moins une chose. La loi 62 sur la neutralité religieuse sera extrêmement difficile à appliquer à Québec dans sa forme actuelle.

De passage au PEPS, samedi midi, pour des bains de foule avant le match opposant le Rouge et Or et les Carabins, les deux politiciens ont exprimé leur doute sur la loi 62. Pour Régis Labeaume, qui se dit toujours en accord avec le principe de la loi, l’aspect pratique est moins évident. 

«Ça me fait penser un peu au cannabis. Les gouvernements font des lois et c’est toujours nous autres qui ramassons les problèmes. Je me demande comment tu refuses quelqu’un qui porte la burka à entrer dans l’autobus. Un chauffeur d’autobus ce n’est pas un policier.» 

Contrairement au maire sortant de Montréal, Denis Coderre, qui a déjà annoncé que la loi 62 ne s’appliquerait pas sur le territoire de sa ville, Québec tentera de se conformer, a affirmé M. Labeaume. «C’est sûr que ça va être extrêmement compliqué de l’appliquer, il n’y a aucun doute. Mais bon, on va le faire. On va se soumettre, c’est juste une question d’organisation.»

Si l’Union des municipalités du Québec s’opposait à l’application de la loi dans la sphère municipale, rappelle toutefois le maire sortant, c’est justement parce que plusieurs questions demeurent sans réponses. «À -30 °C, il y a des foulards qui ressemblent à une burqa...» 

Même son de cloche du côté du chef de Québec 21, Jean-François Gosselin. «Ce que j’ai vu dans les derniers jours, c’est très flou. Je ne vois pas comment on va pouvoir appliquer ça au niveau municipal pour l’instant. Visage découvert, ça arrête où pour quelqu’un qui prend l’autobus? Quand il fait -40 l’hiver à Québec, on fait quoi? C’est trop flou.»

Le chef de Québec 21 va même jusqu’à dire qu’il «abonde dans le même sens» que Denis Coderre quant au refus d’appliquer le projet de loi. 

«Ceux qui donnent les services, c’est une évidence que ça doit être fait à visage découvert. Par contre, la loi 62, la confusion…» débute-t-il, jugeant que la loi doit être pensée en fonction de la sécurité. «C’est comme avec les manifestations. S’il n’y a pas de problème avec la sécurité, je n’ai pas de problème avec ça. Si les gens viennent à Québec pour semer la pagaille, pour briser et la manifestation est déclarée illégale, c’est visages découverts. C’est une question de sécurité. Si la sécurité n’est pas en danger, chacun fait ses choix.»

En préparation pour le débat radio

Questionné sur le débat radio prévu jeudi avec Régis Labeaume et la chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, Jean-François Gosselin a affirmé qu’il comptait adopter la même attitude que lors du débat télévisé de la fin de mardi soir. «Je vais arriver encore une fois avec beaucoup d’énergie et de passion. Il faut s’attendre à ça, c’est un débat. Moi je veux la job de maire à Québec. Je la veux, donc je veux poser des questions à celui qui était là depuis 10 ans.»

C’est particulièrement au sujet de l’ancien tracé du SRB (service rapide par bus) et le tracé de l’éventuel nouveau projet de transport en commun que le chef de Québec 21 veut des réponses. «Je veux qu’il me parle de son projet, qu’il nous le vende, les gens doivent voter là-dessus.»

De son côté, Régis Labeaume ne s’attend pas être déstabilisé lors du prochain débat. «Tout est fait. Il n’y aura pas de questions interplanétaires là. On connaît nos dossiers. Il n’y a pas rien de spécial.»

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Bussières imbattable, croit Gosselin

Questionné sur sa candidate fantôme dans Montcalm-Saint-Sacrement, Murielle Gagnon, Jean-François Gosselin a confirmé, samedi midi, que Québec 21 n’a jamais pensé pouvoir battre le conseiller indépendant sortant Yvon Bussières. 

«Quand M. Labeaume a annoncé qu’il n’allait pas présenter de candidat dans Montcalm, j’ai trouvé que c’était antidémocratique. Ce n’est pas aux candidats à la mairie de décider qui va être élu. À Québec 21, même si M. Bussières n’est pas contesté, on s’entend, il fait un bon travail et est apprécié, on s’est dit que ce n’était pas à nous à décider.»

Murielle Gagnon, voisine de Jean-François Gosselin à Beauport, «a accepté de mettre son nom sur le bulletin de vote» simplement pour offrir un choix aux électeurs, a relaté le chef de Québec 21, qui concède déjà le district à Yvon Bussières. «Les 20 autres districts à Québec sont gagnants pour Québec 21, très gagnant. Nos candidats et candidates font du porte-à-porte. On a des bonnes réponses dans les portes.»