Les cochers reprochent à Calèches Québec de maltraiter les chevaux et d’avoir recours à des briseurs de grève.

Négos rompues entre les cochers et leur employeur

Sitôt reprises, les négociations entre Calèches Québec et sa vingtaine d’employés en grève-lock-out sont rompues. Les syndiqués passent à l’offensive : ils dénoncent le recours à de présumés briseurs de grève et soutiennent que l’employeur maltraite des chevaux.

Les représentants des cochers et palefreniers de Calèches Québec avaient déposé une offre globale à l’employeur qui, espéraient-ils, pourrait mettre fin à la grève et au lock-out les privant de travail depuis 3 semaines. À l’issue d’une rencontre mercredi après-midi, ils ont toutefois quitté en s’affichant fâchés et d’attaque.

«La réponse de l’employeur manque de sérieux. […] On reste en grève. Parti comme ça, ça se pourrait qu’on reste en grève longtemps», a chargé le cocher et délégué syndical Vincent Boissonneault. «L’employeur s’arrange pour que le conflit de travail perdure. Ce n’est pas parti pour qu’on se revoie, on est plutôt en mode escalade des moyens de pression.»

Déjà, des plaintes ont été déposées au ministère du Travail pour dénoncer le recours à de présumés briseurs de grève, affirme M. Boissonneault. Et une nouvelle plainte sera faite chaque fois qu’une infraction sera perçue par les syndiqués, dit-il.

L’entreprise, qui possède 14 des 17 permis de calèches émis par la Ville, contournerait les grévistes en utilisant des voitures ressemblant à des tramways, tirées par deux chevaux. Une vingtaine de personnes peuvent y monter. Habituellement, un cocher y grimpe également pour faire le tour guidé, soutient Vincent Boissonneault. Puisqu’ils sont en grève et en lock-out, l’employeur aurait embauché des travailleurs de remplacement.

Interventions policières

Le syndicat a également demandé l’intervention du Service de police de la Ville de Québec en début de semaine.

L’agente Mélanie Jobin, des communications du SPVQ, confirme que la patrouille touristique est intervenue à deux reprises, lundi et mardi, et a remis un constat d’infraction au propriétaire de Calèches Québec. Les policiers ont intercepté et escorté jusqu’à l’écurie les tramways parce qu’ils étaient en circulation malgré la chaleur. Un règlement municipal exige l’immobilisation des animaux lorsqu’il fait plus de 32o Celcius, ce qui n’a pas été fait.

«C’est vraiment un manquement majeur», évalue Vincent Boissonneault, «un manquement grave à l’éthique animale».

Joint mercredi matin, le gestionnaire de Calèches Québec, Simon Genest-Mainguy, n’a pas voulu s’épancher sinon pour souligner que les négociations reprenaient pour deux jours. Nous n’avons pas pu lui parler à nouveau après la séance de l’après-midi.

Rappelons que le syndicat a déclenché la grève le 24 juillet. L’employeur a répliqué rapidement en décrétant un lock-out.