Le président du syndicat des cols blancs, Jean Gagnon

Négociations: les cols blancs de Québec claquent la porte

Quinze minutes. C'est le temps qu'aura duré la rencontre entre les négociateurs de la Ville de Québec et les cols blancs mardi matin avant que ces derniers claquent la porte. Une réaction qui a soulevé l'ire du maire Régis Labeaume, qui les exhorte à «s'asseoir pour travailler».
«Nous avons cru à tort qu'il [Régis Labeaume] déposerait des offres raisonnables qui auraient servi de base pour les négociations. Au lieu de cela, nous avons eu droit à des demandes qui [...] respecteraient ses objectif à lui», a expliqué le syndicat dans une lettre envoyée à ses membres quelques minutes après la rupture des négociations, et dont Le Soleil a obtenu copie.
«Considérant l'impossibilité de concilier nos objectifs et après leur avoir rappelé notre orientation, nous avons pris la décision de quitter la rencontre seulement quelques minutes après le début de celle-ci», ajoute le président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec, Jean Gagnon.
Au téléphone, M. Gagnon précise que le Syndicat s'attendait à de nouvelles offres qui seraient plus près de ce que ses membres espèrent. Les fonctionnaires municipaux souhaitent une augmentation de 8 % sur quatre ans. M. Gagnon avait d'ailleurs demandé à ce que les nouvelles propositions de la Ville soient transmises à l'avance afin de les étudier. Il est apparu clair assez rapidement que celles-ci ne seraient pas suffisantes.
«J'ai respecté ma parole jusqu'au bout. Je me suis présenté, j'ai donné notre position, ça a pris 15 minutes et on était partis.»
«C'était tout organisé avec le gars des vues», accuse Régis Labeaume. Il déplore que le Syndicat ait planifié de quitter la table. «On avait eu la gentillesse de leur envoyer d'avance les offres, à leur demande. Quand quelqu'un fait ça, le moins que tu puisses faire, c'est de t'asseoir et de discuter.»
Le maire a martelé le même message, tablant sur le mandat que lui a confié la population en le réélisant. Et il a comparé avec d'autres groupes comme celui des cols bleus, qui ont accepté de rester à la table des négociations.
«Je leur rappelle que ce n'est pas seulement mes objectifs, c'est la décision de la population. Le mandat est très clair. [...] Je leur demande de respecter la population et la décision de la population est de s'asseoir et de travailler. Qu'ils laissent faire le spectacle.»
<p>François Legault (photo) et Régis Labeaume ont discuté de régimes de retraite, mardi, lors d'une visite du chef de la CAQ à l'hôtel de ville de Québec. </p>
Régimes de retraite : Legault derrière Labeaume
François Legault et Régis Labeaume ont discuté de régimes de retraite, mardi, lors d'une visite du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) à l'hôtel de ville. M. Legault s'est de nouveau rangé du côté du maire de Québec et a réitéré que l'avenue proposée par la ministre du Travail, Agnès Maltais, soit de permettre une période de négociation de deux ans, «ne peut pas fonctionner. Parce qu'on a besoin de résultats dès le début de l'année 2015 pour éviter les hausses de taxes municipales».
La CAQ propose une négociation d'un an et ensuite la possibilité pour les villes de décréter les conditions de travail pour l'année 2015. Les deux politiciens ont aussi parlé de voies réservées. M. Legault a rappelé son appui au maire, qui ne veut pas voir de voies réservées pour les autobus sur Henri-IV.