L’Association des guides touristiques de Québec déplore que la Ville ne sévisse pas contre les guides improvisés.

Mise en garde face à la prolifération des guides touristiques sans permis

Bien que la présence de guides touristiques sans permis soit décriée depuis longtemps, leur prolifération démontre «un manque de volonté politique de la Ville» de faire appliquer sa réglementation, signale l’Association des guides touristiques de Québec (AGTQ).

«Notre principal problème, c’est le même depuis 15 ans : la réglementation des guides sans permis. Il y a plein de gens qui se sont improvisés guides, on constate une prolifération cette année», signale la présidente de l’AGTQ, Louise Labelle.

En attendant des changements à la réglementation en vigueur, pour laquelle des consultations sont en cours, Mme Labelle déplore que la Ville ne sévisse pas contre les guides improvisés. «Le Bureau des grands événements n’est pas capable d’appliquer le règlement. Lorsqu’ils agissent, ils donnent un avertissement au lieu d’une infraction. Ce n’est pas punitif, ça risque même plutôt de les encourager» car les avertissements ne sont pas personnalisés, indique Mme Labelle. «Il y a un manque de volonté politique de la Ville.»

Celle qui est elle-même guide touristique déplorait déjà la situation dans nos pages l’été dernier, mais force est d’admettre que les choses n’ont pas bougé. Et au rythme où vont les rencontres avec la Ville, «on ne prévoit pas de changement pour 2019», se désole Mme Labelle.

La directrice de l’AGTQ — qui compte quelque 250 membres actifs — rappelle que les guides touristiques doivent suivre une formation reconnue au Collège Champlain-St.Lawrence ou à Mérici pour ensuite obtenir leur permis de travail auprès de la Ville. Une façon d’assurer la qualité des services offerts aux visiteurs.

«On entend des horreurs! Des invraisemblances [énoncées par les guides sans permis], le touriste est pris en otage» dans tout ça, déplore Louise Labelle.

Elle reconnaît qu’en période de grande affluence touristique, il peut être plus difficile de trouver des guides accrédités en nombre suffisant, mais insiste qu’il faut valoriser la formation et l’emploi de guides compétents.

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LA QUANTITÉ AVANT LA QUALITÉ, DÉPLORE LE CONSEILLER JEAN ROUSSEAU

Loin d’être contre l’affluence de touristes dans le Vieux-Québec, le conseiller municipal Jean Rousseau déplore qu’on soit «dans la quantité au lieu de la qualité» quant à l’accueil qui leur est réservé.

Invité à commenter la situation alors que la saison des croisières bat son plein et que les touristes circulent par milliers à l’intérieur des murs de la vieille capitale, M. Rousseau pointe la «sursaturation» de cet espace restreint d’une superficie de 1,4 km2. Le problème, selon lui, en est un avant tout de circulation alors qu’«aucune contrainte» n’est imposée aux voitures et aux autobus.

«Lorsqu’il y a un achalandage massif, les autobus devraient être prohibés [dans le Vieux-Québec] et la circulation devrait être permise seulement pour les résidents. Les gens sont si nombreux qu’ils marchent dans la rue, sur Saint-Louis par exemple», car les trottoirs débordent, signale le conseiller du district Cap-aux-Diamants, qui englobe notamment le Vieux-Québec et le Vieux-Port.

M. Rousseau questionne aussi l’objectif du Port de Québec d’accueillir 400 000 croisiéristes par année d’ici 2025 : «Si on continue à faire en sorte que les croisiéristes arrivent tous en même temps […] Ce sont les résidents qui doivent être au coeur des préoccupations». Car la croissance de l’industrie des croisières vient avec son lot de désagréments : pollution, bruit et odeurs émanant des navires.

«Le port peut bien avoir une capacité d’accueil… c’est arrivé que je doive fermer mes fenêtres parce que l’odeur de fioul était trop forte», raconte le conseiller qui réside dans le quartier historique, tout près du port. «L’autre soir, c’était une soirée football qui était retransmise sur le pont et le son était à fond, je pouvais l’entendre de chez moi.»

«On a atteint une saturation, un niveau industriel dans l’arrivée des bateaux et des touristes, il faut prendre des mesures pour éviter que ça devienne désagréable pour nous et pour eux», ajoute l’élu de Démocratie Québec, regrettant que le Port n’installe pas de système d’alimentation électrique comme à Montréal, pour que les navires puissent couper leur consommation de fioul, par exemple.