Régis Labeaume a obtenu quelque 55 % des voix. Il s’agit de son plus bas pourcentage après avoir récolté 79,9 % en 2009 et 74,7 % en 2013.

Ménage à trois à l’hôtel de ville

Il y aura ménage à trois à l’hôtel de ville de Québec. En plus d’avoir été réélu avec sa plus faible majorité en quatre élections, Régis Labeaume devra composer avec deux partis d’opposition avec l’arrivée à l’hôtel de ville du chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, qui devient chef de l’opposition officielle.

Le maire a obtenu 55,3 % des voix. C’est peu, après avoir récolté 79,9 % en 2009 et 74,7 % en 2013. C’est encore moins que les 57 % de sa première élection alors qu’il était encore inconnu.

Lors de son allocution, il ne semblait pas ébranlé par cette perte d’appuis. «Ce sont des milliers de dizaines de citoyens de tous les âges et de tous les districts qui ont renouvelé leur confiance en notre équipe pour diriger la Ville de Québec. Et nous les remercions [...] Après 10 ans, entre 50 et 60 %, pour moi, c’est fantastique. Ça fait quand même 10 ans, il ne faut pas oublier ça», a-t-il déclaré, peu volubile malgré la victoire.

La soirée électorale a été riche en rebondissements. Les candidats s’échangeaient la position de tête à plusieurs moments dans quelques districts chauds.

La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, jouait son avenir politique dans Cap-aux-­Diamants. Et elle a gagné, mais par peu. Son colistier, Jean Rousseau, a arraché la victoire avec 40,6 % des voix. Il devait affronter un adversaire inattendu. Me François Marchand, candidat défait à la chefferie de Démocratie Québec en 2016, se présentait comme indépendant. Il a récolté près de 9 % du vote. Cette division au sein de cette famille politique aurait pu ouvrir la porte à la candidate d’Équipe Labeaume, Maud Rusk, qui a devancé Mme Guérette une bonne partie de la soirée électorale. La chef de Démocratie Québec avait remporté la victoire en 2013 avec 55 % des voix. 

Après son élection, elle a refusé de confirmer si elle prendra la place de son colistier. «On va laisser retomber la poussière, il n’y a rien qui presse. J’ai jusqu’à l’assermentation pour prendre ma décision.» Chose certaine, elle n’a pas recueilli le pourcentage de voix nécessaires qui lui permettrait d’obtenir un budget de cabinet.

Chaude lutte dans Sainte-Thérèse-de-Lisieux

Les espoirs de Québec 21 de faire élire des conseillers dans la couronne nord de la ville se sont concrétisés en toute fin de soirée. La principale surprise est survenue dans le district de Sainte-Thérèse-de-Lisieux où Nancy Piuze, colistière du chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a remporté la victoire par moins de 100 voix. Elle a fait fondre la forte majorité de 2013 (75 %) de Marie-France Trudel d’Équipe Labeaume.

Le chef de Québec 21 a confirmé qu’il prendra le siège de sa candidate pour affronter le maire Labeaume à l’hôtel de ville. «On a franchi une étape importante pour notre jeune formation politique, être à l’hôtel de ville, poser des questions, et bâtir sur des bases solides pour gagner la mairie dans quatre ans», a-t-il fièrement déclaré de son lieu de rassemblement.

Autre bonne nouvelle pour son jeune parti, il n’entrera pas seul au conseil. Dans le district voisin de Chute-Montmorency–Seigneurial, Stevens Melançon a chauffé toute la soirée la candidate d’Équipe Labeaume, Nathalie Roy, pour lui ravir la victoire au fil d’arrivée. Il a remporté la victoire avec 410 voix de majorité. C’est tout un exploit, sachant que la conseillère Julie Lemieux, qui ne se représentait pas, avait obtenu 76,6 % en 2013.

Partout dans la couronne nord, les majorités obtenues en 2013 par les candidats d’Équipe Labeaume ont fondu. Par contre, la formation du maire demeure dominante dans l’arrondissement Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge et des Rivières.

Dans Montcalm–Saint-Sacrement, l’indépendant Yvon Bussières a facilement remporté la victoire sur son principal adversaire, Christophe Navel. Ce dernier, mis à l’avant-plan par Démocratie Québec pendant la campagne dans les dossiers de transport et de mobilité durable, n’a pas réussi à s’imposer.

«Si j’avais voulu faire l’opposition, j’aurais été dans un parti probablement comme tel, mais je vais être un candidat qui va appuyer les propositions qui iront dans le sens du bien commun, le bien de la communauté. Mais pour le moment, je ne me sens pas avoir un mandat d’opposition officielle», a déclaré le vétéran, en poste depuis 24 ans.

Le taux de participation de l’élection est de 50,9 % en baisse de 4 % sur 2013.