Régis Labeaume tient mordicus à doter Québec d'un réseau de transport collectif structurant. Il entend rester en poste aussi longtemps qu'il le faudra pour atteindre son but.

Maximum de deux mandats, dit l'opposition

La chef de l'opposition à l'hôtel de ville et candidate à la mairie, Anne Guérette, estime qu'il faut limiter à deux le nombre de mandats qu'un maire peut exercer à Québec. Elle obtient l'appui de Jean-François Gosselin, de Québec 21, qui aspire lui aussi à remplacer Régis Labeaume, en poste depuis 10 ans.
«On va demander un maximum de deux mandats pour un maire. On pense qu'il faut limiter le nombre de mandats, il faut qu'il y ait un roulement, il faut que ça bouge. Un maire ne devrait pas être éternel. On sait que dans le passé, il y a des maires qui [ont été] là pendant des décennies et on aimerait ça que ça change», a déclaré la chef de Démocratie Québec lors d'un point de presse tenu avant le conseil municipal de lundi.
Mme Guérette veut lancer le débat, car selon elle, «trop longtemps au pouvoir, ça peut mener à de l'abus de pouvoir». Appelant à plus de «dynamisme», elle a fait valoir qu'«il n'y a pas juste une personne qui est capable d'être maire dans une ville».
Parlant plus spécifiquement de Régis Labeaume, aux commandes de la Ville de Québec depuis 2007, Mme Guérette pense qu'il «a fait son temps». «C'est le temps que ça change. Quatre années de plus d'une administration Labeaume, on pense que ce serait une mauvaise chose pour notre ville. On a déjà assez endetté la ville. Il y a des dépenses qu'on a déplorées dans le passé et il y a des dépenses futures avec lesquelles on n'est pas d'accord», a martelé celle qui a aussi été élue en 2007.
Prenant la balle au bond, le chef de Québec 21 a dévoilé spontanément une partie de son programme, allant justement dans le sens d'une limitation des mandats. «Quand on arrive en politique, au début, on veut défendre le citoyen, on est des citoyens ordinaires. Après deux mandats, après huit ans, après 10 ans, on ne défend plus le citoyen. C'est ce qui arrive présentement à M. Labeaume et moi, je ne veux pas me rendre là. Je ne veux pas être comme lui, qui défend la machine contre le citoyen», a affirmé Jean-François Gosselin. 
Lui-même s'engage à tirer sa révérence après huit ans s'il est élu en novembre. Ses candidats sont déjà au courant et la population doit le savoir aussi, a indiqué M. Gosselin.
Peut-être pas le dernier
Plus tôt en journée, le maire sortant prévenait justement ses adversaires : il ne faut pas déduire trop vite que le mandat qu'il sollicite sera le dernier. Régis Labeaume tient mordicus à doter Québec d'un réseau de transport collectif structurant et il entend rester en poste aussi longtemps qu'il le faudra pour atteindre son but. 
«Mon objectif, c'est de ne pas quitter la politique sans avoir réglé le système de mobilité structurant à Québec. Si c'est pas fait dans quatre ans, vous allez me revoir, c'est certain. Et même si c'est fait, vous pourriez me revoir quand même», a lancé M. Labeaume, lundi matin, lors d'une conférence de presse bilan sur les récentes consultations publiques sur la mobilité durable. 
«Pour ceux qui pensent que c'est mon dernier mandat, je vous dirai : "Faites ben attention". Moi, je ne suis pas convaincu du tout, du tout, du tout. Je suis assez heureux dans cette job-là», a-t-il insisté. 
En 2010, le gouvernement de Pauline Marois avait suggéré de limiter à 10 ans le règne d'un premier ministre du Québec et à trois mandats, donc 12 ans, celui d'un maire d'une municipalité de plus de 5000 personnes.
La proposition avait soulevé l'ire de plusieurs élus municipaux. Régis Labeaume était de ceux-là. «Ça me fâche de me faire dire qu'après 12 ans, je vais être une crapule. Franchement, je ne la trouve pas drôle», avait-il réagi. Interrogé à savoir s'il serait toujours maire après 12 ans, le principal intéressé avait rétorqué : «Non, je pense que je vais me tanner avant!»
Moratoire pour les logements de type Airbnb
L'administration Labeaume va de l'avant avec un moratoire sur les logements de type Airbnb. Un règlement de contrôle intérimaire «relativement à l'interdiction des nouvelles résidences de tourisme sur le territoire de la ville de Québec» a été adopté lundi par le conseil municipal. Il a pour effet de «prohiber les nouvelles utilisations du sol ou les changements d'usage visant à exercer un usage de résidence de tourisme». L'effet de gel est immédiat pour tous les dossiers qui n'ont pas encore obtenu l'aval d'un conseil d'arrondissement, a confirmé Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif responsable de l'urbanisme, qui s'inquiétait récemment dans Le Soleil de l'affluence des demandes déposées autant par des citoyens que des promoteurs immobiliers. La Ville entamera en parallèle une «réflexion globale» avec l'industrie touristique, laquelle pourrait débloquer sur des critères plus stricts et un meilleur contrôle de l'offre locative de type Airbnb.