Me François Marchand a tenté de convaincre, jeudi, le tribunal de recevoir sa demande de sauvegarde de l’édifice, tout en déplorant la «politique de la terre brûlée» exercée par la Ville de Québec.

Marché du Vieux-Port: «la politique de la terre brûlée»

Il faudra encore attendre pour savoir si le bâtiment du marché du Vieux-Port sera démoli. Et si oui, quand ? Me François Marchand a tenté de convaincre, jeudi, le tribunal de recevoir sa demande de sauvegarde de l’édifice, tout en déplorant la «politique de la terre brûlée» exercée par la Ville de Québec.

«La Ville prétend qu’elle veut y installer un marché satellite alors qu’elle démolit l’édifice, qu’elle chasse les producteurs. C’est la politique de la terre brûlée», a plaidé l’avocat devant la juge Lise Bergeron de la Cour supérieure.

L’audience tenue visait à évaluer la recevabilité de la requête de Me Marchand. La Ville estime qu’il n’a pas l’intérêt juridique de la déposer, remettant en question la validité de son recours. Question de disponibilité, la juge Bergeron a signifié qu’elle rendrait une décision dans seulement plusieurs jours.

Si elle devait rejeter la demande en irrecevabilité de la Ville la cause serait alors entendue sur le fond. À ce sujet, Me Marchand soutient toujours que le déménagement du Marché du Vieux-Port au Grand Marché est «illégal» parce qu’il contrevient au contrat de vente de l’immeuble en 1987 intervenu entre le gouvernement fédéral et la Ville de Québec. 

Celui-ci stipule que la Ville doit y installer un marché, un parc, un stationnement, un marché floral. Selon Me Marchand, le marché public trois saisons sous une tente envisagée par la Ville ne répond pas à la définition d’un marché public.

De son côté, la Ville de Québec plaide le contraire. «On ne définit pas ce qu’est un marché public dans le contrat. Ni si on doit l’opérer en permanence ou de façon temporaire. Si ça implique un bâtiment. Si le marché doit être intérieur ou extérieur. On ne trouve rien de cette nature dans le contrat», a allégué en substance Me Éric Michaud.

«Pendant que la juge délibère, le bâtiment ne peut être détruit», s’est réjoui le conseiller de Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau. S’il était conservé, il suggère d’installer le marché provisoire à l’intérieur. «Il est encore fonctionnel et sécuritaire. Il a besoin d’un coup de pinceau, mais on pourrait très bien l’installer à cet endroit. L’édifice peut servir été comme hiver. Par exemple, le Village Nordik pourrait en profiter», soutient-il.

«On ne comprend pas l’urgence de le mettre à terre sinon qu’on veut détruire l’image, le souvenir du Marché du Vieux-Port», conclut-il.