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Marche contre les féminicides : «l’amour ne tue pas»
Marche contre les féminicides : «l’amour ne tue pas»

Marche contre les féminicides : «l’amour ne tue pas»

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
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Il faut mettre quelque chose au clair : la chicane de couple ne s’approche pas de la violence conjugale. «Il y a encore des gens qui pensent que c’est un acte passionnel, parce que l’homme était trop triste de la séparation. Ce n’est pas vrai. C’est un acte prémédité.»

Linh Nguyen-Biron, intervenante à la maison des femmes de Québec, n’avait pas préparé de texte pour son allocution lors de la marche contre les féminicides, jeudi, qui rassemblait des centaines de personnes.

«La dernière semaine a été très achalandée et parce qu’on doit tout faire en maison pour la tenir à bout de bras, avec le téléphone qui n’arrête pas de sonner», exprime-t-elle.

Une frustration tintait son discours. La marche a été organisée deux jours après la mort de Nathalie Piché, tuée dans son appartement de Limoilou. Le présumé meurtrier est son conjoint, Noureddine Mimouni, il a été accusé du meurtre au second degré.

«La chicane, ça arrive à tout le monde, ça arrive même des fois qu’on tape sur la table pour appuyer notre point. Les deux partis n’ont pas peur des représailles s’ils vont au bout de leur idée et les deux partis peuvent passer au travers de façon saine et humaine», soulève-t-elle.

«La violence conjugale est un moyen choisi par l’agresseur, un moyen réfléchi, ce n’est pas une perte de contrôle, c’est pour prendre le pouvoir sur l’autre. L’agresseur va garder le contrôle sur la victime.»

Les participants ont marché de l’église Saint-Jean-Baptiste jusqu’à la Place d’Youville.

Mme Piché est la 13e femme morte dans un contexte de violence conjugale cette année. Pas une de plus, disent les personnes présentes jeudi.

Drame passionnel? Chicane de couple? Drame conjugal? Conflit de séparation? Non. Quand on parle d’une femme tuée par son conjoint, c’est de la violence conjugale, un féminicide, les autres termes devraient quitter le vocabulaire, croit le Regroupement des groupes de femmes de la région. «C’est pas compliqué esti», peut-on lire sur les pancartes.

Plus de services

Ce n’est pas la première fois qu’elles se rassemblent pour demander plus de services pour les femmes victimes de violence conjugale. On connaît la chanson. Les Regroupements de femmes répéteront leur message jusqu’à ce qu’ils voient des changements.

«Ça prend plus de services et plus de reconnaissance au niveau criminel de la violence psychologique, du contrôle coercitif et toutes autres formes de violences qui n’est pas sexuelle» martèle Linh Nguyen-Biron.

La marche a été organisée deux jours après la mort de Nathalie Piché, tuée dans son appartement de Limoilou.

Nadège Jolicoeur, Carolyne Labonté, Nancy Roy, Rebekah Harry, Lisette Corbeil, Dyann Sérafica Donaire, Hanadi Mohammed et Nathalie Piché, pour ne nommer que celles-là.

Leurs noms figuraient sur les affiches des marcheurs, ces noms appartiennent à des femmes qui viennent de Québec ou ailleurs. Elles sont toutes mortes aux mains d’un conjoint ou d’un ex-conjoint. Les centaines de personnes leur rendaient hommage, jeudi, en espérant qu’aucun nom ne s’ajoute à la liste.

«Une maison pour femmes, c’est accueillant. 24h sur 24, il y a des travailleuses dédiées à la cause. C’est un service sain et bienveillant. C’est important de la rappeler», insiste aussi Mme Nguyen-Biron.

Les Regroupements de femmes répéteront leur message jusqu’à ce qu’ils voient des changements.

Les participants ont marché de l’église Saint-Jean-Baptiste jusqu’à la Place d’Youville. Elles ont martelé leurs discours haut et fort.

«La violence c’est criminel, la dénoncer c’est essentiel.»

«Femme en colère, sœur solidaire.»

«Devant la violence, brisons le silence.»