L’administration Labeaume prévoit un trajet sous la ligne à haute tension d’Hydro-Québec, derrière le boulevard Pie-XII, entre le chemin des Quatre-Bourgeois et le boulevard du Versant-Nord. Ce tracé ne plaît pas du tout aux citoyens du secteur.

Manifestation pour dénoncer le tracé du tramway

Une soixantaine de résidents du secteur de Pie-XII dans Sainte-Foy ont manifesté, dimanche matin, pour dénoncer le trajet projeté du tramway. Ils demandent une modification et un prolongement jusqu’à Revenu Québec à Marly.

L’administration Labeaume prévoit un trajet sous la ligne à haute tension d’Hydro-Québec, derrière le boulevard Pie-XII, entre le chemin des Quatre-Bourgeois et le boulevard du Versant-Nord. Ce tracé ne plaît pas du tout aux citoyens du secteur.

«On n’est pas contre le tramway, mais on trouve illogique qu’il ne continue pas sur Quatre-Bourgeois pour aller chercher plus de 3500 employés de Revenu Québec et par la suite continuer jusqu’à Versant-Nord où il y a déjà une voie ferrée», a expliqué Pierre Masson, coorganisateur de la marche.

Selon Pierre Gagné, un juriste à Revenu Québec qui se présente comme porte-parole des employés, environ 400 travailleurs de l'endroit utilisent chaque jour le transport en commun. «C’est un dossier majeur à Revenu Québec. Il y a eu une rencontre avec la Ville de Québec et le RTC, mais jusqu’à maintenant, ils ont dit qu’il n’était pas question que le tramway se rende à l’édifice Marly, alors que c’est l’un des plus gros employeurs de la région. Ils nous ont donné des raisons comptables, mais c’est illogique. D’un côté, M. Normand nous dit que les études se poursuivent, mais publiquement, il dit que le tracé actuel est le meilleur.»

Qualité de vie

Les résidents ne comprennent pas non plus pourquoi la Ville a choisi de passer dans un champ. Ils ont peur de perdre leur tranquillité et de subir une perte de la valeur de leur maison.

«Sur le boulevard Pie-XII, on a déjà du trafic. Quand je me suis installé ici, je voulais un petit coin campagne. Mais si on met un tramway à l’arrière de chez nous, je perds complètement la quiétude. Ça va passer aux 10 minutes jusqu’à 1h du matin. Même s’il y a un mur végétal, ce n’est pas beau. En ce moment, quand je regarde par la fenêtre de ma cuisine, je vois des gens qui cultivent les jardins communautaires. Là c’est un tramway qui va passer. Je ne vois pas ce qu’il y a de fun là-dedans. Je ne pense pas que le maire Labeaume aimerait avoir ça en arrière de chez lui», a déploré Jacques Côté.

Les citoyens ne croient pas le maire Labeaume lorsque celui-ci leur promet une augmentation de la valeur de leur maison. «Je suis allé chez un citoyen qui a mis à vendre sa maison. À un moment donné, il a eu des acheteurs, mais quand ils se sont rendu compte que le tramway allait passer en arrière, ils ont décidé de laisser tomber», a confié Bernard Drolet, coorganisateur de la marche. «Il est possible que certaines maisons un peu éloignées du tramway gagnent en valeur, mais tous ceux qui sont proches, c’est de la fabulation de penser que la valeur des maisons ne baissera pas», poursuit-il. 

Sans réponses

Depuis l’annonce du tracé, les résidents du secteur essayent d’avoir des réponses à leurs inquiétudes. Ils ont également déposé, le 5 novembre, à l’Hôtel de Ville, une pétition de plus de 200 familles en faveur d’un nouveau tracé pour le tramway. Mais personne n’est encore venu les rencontrer, malgré les promesses de la Ville et du RTC.

Ils reprochent aussi à la conseillère municipale du district de la Pointe-de-Sainte-Foy, Anne Corriveau, d’être absente du conseil de quartier depuis plusieurs mois. «Un conseil de quartier, c’est un endroit pour consulter, mais quand nous y sommes allés la semaine dernière, on a appris que la conseillère municipale, Anne Corriveau, ne s’est pas présentée depuis juin 2018. C’est pourtant le véhicule prôné par l’administration Labeaume pour recueillir les doléances des citoyens ou recevoir des propositions», s’est désolé Pierre Masson.

«Les citoyens ne font pas partie du problème, ils font partie de la solution. Ce qu’ils demandent est tout à fait légitime, c’est un milieu de vie qu’ils connaissent bien. On leur impose une solution qui est loin d’être optimale. Ils ont été informés, mais jamais consultés», a plaidé le conseiller municipal de Démocratie Québec, Jean Rousseau, présent dimanche matin.