La poignée de manifestants tenait à lever le voile sur le côté sombre de l'Esmeralda, navire qui a été utilisé comme prison sous le règne de dictateur chilien Augusto Pinochet.

Manif devant l'Esmeralda, un «bateau de torture»

Des membres des organisations de Chiliens de Québec et Montréal ont manifesté pacifiquement samedi devant le grand voilier Esmeralda, accosté au Vieux-Port pour l'occasion du Rendez-Vous 2017, pour dénoncer les sévices perpétrés à bord de l'embarcation à l'époque de la dictature Pinochet. 
La poignée de manifestants tenait à lever le voile sur ce côté sombre de l'histoire du navire, qui a fait lieu de prison, comme d'autres endroits au pays, après le coup d'État mené par Augusto Pinochet. «Ça ne nous dérange pas que les gens le visitent», a nuancé Nancy Diaz du centre chilien Pablo Neruda de Québec. 
«Ce qu'on aimerait, c'est que les gens qui montent le sachent. C'est quand même un fait historique alors qu'il y ait par exemple une plaque qui rappelle les faits et les dates, mais non. C'est une partie de l'histoire de l'Esmeralda et une partie de l'histoire du pays. C'est la vérité qu'on veut et la justice», a-t-elle poursuivi. 
La commission Rettig a établi en 1991 que le grand navire «figurait bien parmi les bateaux utilisés comme prison et qu'à l'intérieur de ce bateau, il y a eu des abus, des mauvais traitements et de la torture», a fait valoir Mme Diaz, mais que la Marine chilienne continue même aujourd'hui de nier «cette réalité historique». 
Le cas le plus tristement célèbre est celui de Michael Woodward, un prête britannique et chilien d'adoption, qui a été fait prisonnier du navire. L'homme serait mort de la torture selon la Commission interaméricaine des droits humains. Sa mort est devenue «emblème» des violations des droits humains au Chili.