Malaise sur le pont de Québec

La poussière n'est visiblement pas retombée entre le maire de Québec, Régis Labeaume, et l'avocat Luc Paradis, promoteur d'un nouveau modèle de gestion pour le pont de Québec. Les deux hommes ne sont pas arrivés à cacher la tension et le malaise lors d'une conférence de presse commune lundi.
«Moi j'ai rien à dire», a tranché M. Labeaume en impromptu de presse après une annonce sur les Prix créateurs d'emplois du Québec. Il répondait à la question du Soleil alors que lui et l'un des promoteurs d'un modèle de gestion du pont se retrouvaient pour la première fois à la même tribune depuis le dévoilement du rapport Malette.
«Moi non plus je n'ai rien à dire», a ajouté Luc Paradis après un silence traduisant un malaise. 
«On n'est pas en chicane, ni en dialogue. Le maire a son opinion et moi j'ai la mienne. On est ici pour les Prix créateurs d'emplois, ça ne m'intéresse pas de parler du Pont de Québec», a ajouté M. Paradis, l'un des instigateurs du rapport Mallette, avec les chambres de commerce de Québec et de Lévis, la firme Mallette et le comptable Mario Bédard.
Présentée en mars, cette étude recommande la création de deux organismes à but non lucratif, dont la Société du pont de Québec qui deviendrait propriétaire du pont et assurerait l'entretien et les travaux de peinture pendant 15 à 20 ans.  Une deuxième instance, la Société de la valorisation du pont, serait pour sa part consacrée à sa promotion touristique et patrimoniale. 
Le maire Labeaume avait accueilli plus que froidement ces scénarios, estimant que le modèle «ne tient pas debout». Le maire qui a fait de la peinture du pont l'une de ces batailles des dernières années. Il avait alors même dit craindre que ces idées du groupe de travail ne viennent mettre «en danger» les efforts pour convaincre de CN, le propriétaire du pont qui refuse de le repeindre, et Ottawa de «régler le problème». 
Irrité
Lundi, M. Labeaume a aussi réitéré combien il avait été irrité par le fait de ne pas avoir été consulté sur les conclusions du rapport Mallette. 
Le groupe, a de nouveau souvenu M. Paradis, avait prévu montrer le tout au maire avant une conférence de presse, mais la nouvelle était sortie dans Le Journal de Québec. 
«On avait jamais vu ça, nous autres. En tous cas, je n'avais jamais vu ce projet-là avant», a lancé Régis Labeaume lundi, visiblement agacé.
Labeaume espère que Le Pen se fera «battre»
Amateur de politique française, le maire de Québec Régis Labeaume n'a pas mâché ses mots pour souhaiter la défaite de la chef du Front national à l'élection française du 7 mai.
«J'espère que les Français vont tout faire pour battre le plus sévèrement possible Mme Le Pen. Le plus sévèrement possible. Il faut que cette femme-là ait le moins de votes possible. C'est assez simple pour moi», a commenté le maire de Québec lundi, au lendemain du premier tour de la présidentielle dont sont sortis vainqueurs la représentante de l'extrême droite et le centriste Emmanuel Macron.
«Mais en passant, même si je vous le dis, ça ne changera pas grand-chose», a toutefois ajouté M. Labeaume en soulignant qu'il n'a aucune influence.
N'empêche que M. Labeaume s'était mouillé en politique française en appuyant son ami et maire de Bordeaux Alain Juppé dans la course à la direction du parti de droite Les Républicains l'automne dernier. Le maire de Québec avait même milité pour inciter les ressortissants français de Québec membres du parti à voter pour M. Juppé. Ce dernier s'était finalement incliné devant François Fillon qui  ne s'est pas qualifié, dimanche, pour le second tour de la présidentielle, arrivant troisième derrière Macron et Le Pen avec 19,9 % des votes.