À l’unanimité, les élus ont adopté lundi une première résolution qui demande au maire Émile Loranger (photo) de «poursuivre son retrait des affaires municipales le temps qu’il y ait un dénouement sur la plainte déposée pour harcèlement».

Malaise autour d'Émile Loranger

S’il n’en tient qu’aux conseillers de L’Ancienne-Lorette, le maire Émile Loranger restera à la maison le temps de connaître le résultat de la plainte pour harcèlement psychologique portée contre lui.

À l’unanimité, les élus ont adopté lundi une première résolution qui demande au maire Émile Loranger de «poursuivre son retrait des affaires municipales le temps qu’il y ait un dénouement sur la plainte déposée pour harcèlement».

«Je suis convaincue qu’il va respecter ça, soutient la mairesse suppléante, Sylvie Falardeau. Mais légalement, y’a pas de moyens [d’obligation]. C’est symbolique», ajoute-t-elle.

Avant lundi soir, il y avait une entente de gré à gré entre les conseillers et le maire. Cependant, une récente présence de M. Loranger à l’hôtel de ville a causé «un malaise», rapporte Mme Falardeau, d’où la décision d’adopter une résolution.

Toujours lundi, le conseil a adopté une seconde résolution, se réservant le droit «de demander une enquête auprès de la Commission des affaires municipales ou du ministère des Affaires municipales», dans la perspective où M. Loranger ne respectait pas la demande de retrait formulée par le conseil.

«S’il revient, ça nous apporte une porte supplémentaire. Ça ne veut pas dire qu’on va l’utiliser», précise Mme Falardeau. Selon les informations disponibles, le maire compte respecter la résolution demandant son retrait temporaire.

La position des élus de L’Ancienne-Lorette tranche avec celle de ceux de Lévis. La semaine dernière, on apprenait que le maire Gilles Lehouillier était visé par trois plaintes de harcèlement psychologique. Malgré tout, son conseil le soutient en bloc.

«Ça ne se compare pas. C’est totalement différent. Dans le cas de Lévis, ce qu’on lit, c’est une question d’abus de pouvoir. Du harcèlement… il peut y avoir de l’abus de pouvoir. Lévis, c’est un peu ça», explique-t-elle, sans s’avancer sur la nature du harcèlement reproché au maire.

Mme Falardeau a parlé à M. Loranger avant de présenter les résolutions. Selon elle, la situation n’est pas facile puisqu’elle connaît le maire, «un ami», depuis 35 ans. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir à cœur les droits de la victime et protéger les intérêts de la Ville. «C’est triste, mais on préférait se distancer de l’Équipe Loranger. Je suis un peu entre l’arbre et l’écorce», illustre-t-elle.

Plainte à la CNESST

En juin, une employée de la Ville a déposé une plainte pour harcèlement psychologique auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Elle est actuellement en arrêt de travail.

Depuis, le maire Loranger se fait très discret. Sa dernière présence au conseil municipal remonte au mercredi 24 juillet. Auparavant, il  ne s’y était pas pointé depuis le 24 avril. 

La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités prévoit une destitution si un élu ne siège pas pendant 90 jours consécutifs.

À l’époque, le maire disait avoir besoin de repos après la longue bataille menée contre la Ville de Québec concernant le partage de la quote-part de l’agglomération. Son absence a malgré tout suscité de nombreuses questions chez les citoyens, puis chez les journalistes.

S’il veut éviter la destitution, M. Loranger doit se présenter à une prochaine séance du conseil. Le conseil municipal n’empêchera pas le maire de siéger pour éviter la destitution. Mercredi, une séance de médiation est prévue devant la CNESST.