Selon le rôle d’évaluation municipal, l’ancienne maison du 17, avenue des Cascades valait 267 000 $, dont 89 000 $ pour le bâtiment et 178 000 $ pour le terrain.
Selon le rôle d’évaluation municipal, l’ancienne maison du 17, avenue des Cascades valait 267 000 $, dont 89 000 $ pour le bâtiment et 178 000 $ pour le terrain.

Maison de 120 ans à donner à Beauport… mais il faut la déménager

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Le titre de l’annonce publiée sur un populaire site Web a de quoi surprendre : «Maison 1900 à donner.»

La suite a piqué un peu plus notre curiosité. Voici la reproduction des détails fournis par l’annonceur: «Maison construction 1900. Pièces sur pièces. À donner sinon elle sera démolie vers fin août. Situé à Beauport et elle doit sortir du terrain. (à défaire et reconstruire ailleurs)»

Intrigués, nous avons interpellé le «vendeur»… sans succès. 

À ce stade, nous ne connaissions donc ni l’adresse ni la raison du don de la maison de 120 ans. Nous n’avions pas plus la confirmation que son éventuelle démolition a été dûment autorisée par la Ville.

Nous avons interpellé la mairie. Mais n’avons pas eu plus de succès auprès des services municipaux. «Sans adresse, il sera aussi difficile pour nous de faire des recherches dans notre système», nous a répondu la conseillère en communication Audrey Perreault.

Le mystère persistait. Jusqu’au retour de vacances de l’équipe de la Société d’art et d’histoire de Beauport… En voyant une copie de l’annonce que nous avions transmise, le vice-président histoire et patrimoine, Pierre Drouin, a tout de suite reconnu la demeure sur la photo: «Je suis bien au courant de cette situation. Ça se passe à deux pas de chez moi […]. Les propriétaires de la maison, descendants de ceux qui ont construit la maison ancienne, se sont construit une nouvelle maison sur le terrain avant.»

Effectivement, un bâtiment moderne de bonne dimension a poussé sur le grand gazon qui s’étendait devant la centenaire du 17, avenue des Cascades. 

Voici les détails fournis par l’annonceur: «Maison construction 1900. Pièces sur pièces. À donner sinon elle sera démolie vers fin août. Situé à Beauport et elle doit sortir du terrain. (à défaire et reconstruire ailleurs)»

Tout est en règle

Maintenant que nous connaissons l’adresse, nous pouvons relancer la Ville : pouvez-vous nous expliquer pourquoi les propriétaires ont le droit de démolir?

«Un permis pour la démolition de la maison au 17, avenue des Cascades a été délivré en 2019 et est valide jusqu’en décembre 2020», nous répond David O’Brien, chef d’équipe aux communications. «Un permis pour une nouvelle construction a également été délivré en 2019 et est aussi valide jusqu’en décembre prochain.»

Donc, les papiers sont en règle.

Selon le rôle d’évaluation municipal, l’ancienne maison du 17, avenue des Cascades valait 267 000 $, dont 89 000 $ pour le bâtiment et 178 000 $ pour le terrain.

Reste que ce logis à un âge vénérable. Est-ce qu’il y avait un enjeu patrimonial? «Concernant la valeur patrimoniale de cette maison, la dernière évaluation réalisée la classe comme étant “faible”», poursuit M. O’Brien. «Le bâtiment n’était donc pas soumis à la réglementation de la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ), ni protégé (contrairement aux bâtiments de valeur patrimoniale “supérieure” ou “exceptionnelle”). Par conséquent, le propriétaire a suivi la réglementation d’urbanisme en vigueur pour faire ses demandes de démolition et de construction, qui après analyse, ont toutes deux été acceptées l’année dernière.»

À la Société d’art et d’histoire de Beauport, Pierre Drouin, concède : «Comme ils sont à l’extérieur du site patrimonial de Beauport, il n’y a pas grand-chose à faire. Ils sont dans leurs droits.»

«Ce sera quand même une perte pour le patrimoine beauportois». Il espère que quelqu’un voudra lui offrir une seconde vie.

Selon le rôle d’évaluation municipal, l’ancienne maison du 17, avenue des Cascades valait 267 000 $, dont 89 000 $ pour le bâtiment et 178 000 $ pour le terrain.

Un bâtiment moderne de bonne dimension a poussé sur le grand gazon qui s’étendait devant la centenaire.