Le projet d'un promoteur de construire 20 logements dans la maison Béthanie a récemment été bloqué par référendum.

Maison Béthanie : bientôt un nouveau projet

Le promoteur derrière la conversion en logements de la Maison Béthanie, dans le Vieux-Québec, a déjà commencé à digérer sa défaite référendaire de dimanche. Même si les citoyens du secteur ont voté contre son projet, il se prépare à déposer une nouvelle mouture à la Ville pour approbation.
Lundi après-midi, Gilbert Trudeau attendait Le Soleil devant l'ancienne demeure patrimoniale des soeurs du Bon-Pasteur, rue Couillard. Dès notre arrivée, le prospère homme d'affaires nous a ouvert la porte, nous a guidé de la cave au grenier. Il voulait vendre sa vision, nous parler de la suite.
Le Beauceron admet qu'il est «déçu». «Mais on va trouver une solution puis on va avancer. Je ne veux pas être le promoteur qui pleure.»
N'empêche, il trouve difficile de développer ses entreprises immobilières au coeur de la capitale. Depuis le début de l'année, un comité citoyen s'est mobilisé contre ses plans pour la Maison Béthanie ; jusqu'à obtenir l'organisation d'un référendum. Des 485 habitants du secteur qui pouvaient se prononcer, 162 ont visité le bureau de vote. Du nombre, 152 ont dit non à ce qu'il proposait.
«Les gens qui votent oui, on n'a pas réussi à les faire sortir», constate-t-il. Cela même s'il avait essayé de les convaincre de l'importance du vote : «On a fait du porte-à-porte. On a cogné à toutes les portes. [...] Est-ce que j'avais prévu de perdre ? Non.»
Pourtant, les opposants et Gilbert Trudeau ne semblent pas si éloignés qu'on pourrait le croire. Le zonage lui permet déjà d'aménager 12 appartements dans l'édifice religieux ; ce qu'accepterait le voisinage. Mais lui demandait 20 portes pour faire fructifier l'investissement de quelques millions de dollars.
«Ça n'a pas d'allure», balance-t-il. 
Deux visions s'affrontent. Les voisins craignent pour leur quiétude, notent la pénurie de stationnements pour les habitants actuels, redoutent que de petits logements soient offerts en location touristique de courte durée sur le Web...
Lui plaide pour l'ajout d'un maximum de logements dans le Vieux-Québec, ce qu'appuie le conseil municipal. Il ajoute qu'il entend louer par baux mensuels, qu'il ne contrôle pas le Web, que c'est à la Ville d'imposer des amendes aux contrevenants et de gérer le stationnement...
Et maintenant ? «Mon intention, c'est de la garder.» Il retravaillera donc les plans. «Je vais faire une nouvelle demande. Il faut que je retourne à la Ville pour demander entre 12 et 19 logements.»
Déjà en chantier
En franchissant la porte du vaste ensemble immobilier, nous constatons cependant que référendum ou pas, la machine Trudeau avance. Notre guide a déjà amorcé les travaux de conversion. Les ouvriers sont à l'oeuvre depuis un bon moment ici. 
Le promoteur avait obtenu l'autorisation de cureter l'intérieur au complet. C'est fait. Ne reste plus qu'à aménager les logements. Les ouvriers devront toutefois rentrer à la maison en entendant la délivrance du permis tant espéré par l'investisseur et ses partenaires.
En poursuivant la visite des lieux, Gilbert Trudeau distribue les qualificatifs : «superbe» ; «extraordinaire»... Il insiste sur la vue vers les montagnes du nord, pointe les vitraux de l'ancienne chapelle, souligne avec force mouvements des bras la grandeur des pièces du défunt musée des soeurs. «Cette bâtisse, je l'adore. Je trouvais que c'était un super beau projet.»
Gilbert Trudeau jure qu'il n'est pas «amer». Mais il aurait bien aimé être le premier promoteur immobilier à ne pas avoir à faire face à un référendum citoyen, plutôt qu'un des derniers à devoir modifier sa vision.