Une pétition contre la hausse de 50% du salaire du maire avait été signée par 450 citoyens, une proportion considérable de la population du village de Saint-Michel-de-Bellechasse, qui comprend quelque 1800 habitants.

Mairie de Saint-Michel-de-Bellechasse: inquiétude chez les citoyens

Un groupe de citoyens de la municipalité de Saint-Michel-de-Bellechasse s’inquiète de la manière dont leur maire Éric Tessier gère différentes situations. Ce groupe souhaite une enquête de la part de la Commission municipale du Québec.

«Il y a des choses qui se brassent, des choses qui nous inquiètent. Ça ne sent pas bon. Le maire est très évasif, même très contrôlant quand on pose des questions. On n’arrive pas à saisir tout ce qui se joue. Il y a plusieurs démissions inexpliquées et des montants qui sont déboursés sans qu’on ait de raison. Il y a énormément de frais d’avocats, et on ne sait pas pourquoi. Une plainte a été déposée à la commission municipale», soulève le porte-parole du Mouvement citoyen de Saint-Michel-de-Bellechasse, Éric Laliberté.

Première vague de démissions

Les inquiétudes ont commencé lors de la démission de la présidente du Comité consultatif d’urbanisme (CCU) en juillet 2018, puis la démission en bloc des cinq membres un mois plus tard. Le CCU est un comité composé de bénévoles et se charge de faire des recommandations au maire et aux conseillers, il s’agit du seul comité municipal sur pied à Saint-Michel.

«Le maire a évoqué son droit d’être membre ex officio du comité. Il insistait sur son droit de participer aux rencontres. Nous n’avions pas d’objection à ce qu’il assiste aux réunions, nous avions des problèmes à ce qu’il délibère de façon très forte dans les discussions et qu’il ait un rôle dominant dans la formulation des recommandations. Les membres et moi, on a dit non, ça ne fonctionne pas. On n’acceptait pas la situation», a raconté la conseillère municipale de Saint-Michel et ex-présidente du CCU, Suzanne Lauzon, rejointe par Le Soleil. 

Salaires des élus

Ensuite, en mars dernier, le maire avait rendu public son désir d’augmenter son salaire de 50 %. Une pétition contre cette hausse avait été signée par 450 citoyens, une proportion considérable de la population du village de Saint-Michel, qui comprend quelque 1800 habitants.

La séance du conseil qui devait aborder le sujet a rassemblé plus de 120 citoyens, une première depuis plusieurs années. Le maire Tessier avait qualifié de «justifiées» sa hausse de salaire et celle des conseillers, alors que le Mouvement citoyen demandait à ce que ça soit le statu quo jusqu’à la fin de leur mandat.

Deuxième vague de démissions

Le 7 mai dernier, deux conseillères sur six ont remis leur lettre de démission au directeur général de la municipalité. Ces lettres ne faisaient que quelques lignes. Ni Michelle Legendre ni Isabelle Robin n’ont voulu répondre aux questions du Soleil concernant leur démission. 

Ces deux dernières démissions inquiètent davantage le Mouvement citoyen qui parle de «tensions générées» au sein du conseil municipal actuel. 

D’ailleurs, M. Laliberté dénonce aussi le fait que ce soit le maire Tessier qui soit en charge de l’accès à l’information. Lorsque lui et les membres du Mouvement demandent des réponses, ils se retrouveraient avec des «documents pratiquement entièrement caviardés».

Le maire se défend

Concernant les frais d’avocats inexpliqués, le maire indique qu’il ne fait que suivre les règles.

«La loi m’empêche d’en parler, j’ai un devoir de protéger l’institution et ses membres. Nous sommes couverts par le secret, ce n’est pas une question de transparence», a-t-il partagé en entrevue avec Le Soleil.

«En vertu de la loi, le maire est responsable de l’accès à l’information. Il peut la déléguer à la direction générale. J’ai choisi de conserver cette charge-là, jusqu’à ce qu’on sente qu’elle doive être déléguée. C’est un dossier d’un grand sérieux, je change mon chapeau lorsque je remplis le rôle de responsable de l’accès à l’information», a-t-il aussi précisé.

Pour ce qui est des «tensions générées», le maire Tessier se veut clair : lui, il ne les sent pas.

«Si on veut donner une orientation à une municipalité pour l’avenir, on prend des décisions et on provoque des réflexions qui peuvent être déplaisantes. Si on ne veut pas de problèmes, on ne décidera rien. On a été élu pour gérer, et on va gérer la municipalité. Des tensions? C’est une question de perceptions. Dès mon début de mandat, j’avais clairement dit que le prochain quatre ans serait un mandat de transition. Si vous parlez à mes confrères et consœurs de la MRC, ils savent très bien que je suis un agent de changement», a fait savoir le maire.

La plainte concernant l’administration de la municipalité a été déposée à la Commission municipale, et le Mouvement citoyen souhaite fermement qu’elle soit entendue. 

«Tous ces problèmes-là se passent à Saint-Michel, tout est lié. Ce sont les citoyens qui viennent aux réunions et qui disent qu’ils ne sont pas satisfaits, que leurs préoccupations ne sont pas écoutées, qu’ils n’aiment pas la façon unilatérale dont M. Tessier gère la municipalité», a ajouté Mme Lauzon, qui tient toujours son rôle de conseillère municipale malgré les précédents conflits autour du CCU.