Magie blanche au jardin Saint-Roch

Christine Boisvert a fait le voyage depuis Le Maine. Elle le fait d'ailleurs tous les ans, depuis sept années déjà. Pas question de rater le Dîner en blanc de Québec qui s'est déployé jeudi dans le jardin Saint-Roch.
C'est dans les pages du Soleil dans les années 2000 que l'Américaine a appris la tenue du premier événement dans la capitale. «Comme j'enseigne le français, je trouvais ça intéressant de voir un concept de Paris être repris partout à l'international et Québec est ma ville préférée dans le monde», a-t-elle raconté. 
Il n'en fallait pas plus pour créer l'habitude. Elle et quelque 2000 autres convives ont enfilé leurs plus beaux habits... obligatoirement blancs avant de prendre d'assaut les lieux tenus secrets jusqu'à la toute dernière minute. C'est le «rendez-vous secret» le plus couru, assure l'organisation. «C'est magique comme rassemblement», assure la dame. 
Et «ce petit côté secret, interdit» ajoute à la fête, lance le coorganisateur, André Auger. «On envahit un parc de la ville [...]. Il y a aussi tout l'aspect partage qui est intéressant. Les gens s'inscrivent et ne savent pas à côté de qui, ils seront assis», poursuit-il, soulignant que plusieurs amitiés naissent de l'activité.  «C'est un immense partage.» 
Sans savoir où ils jetteront l'ancre, les dîneurs sur leur 31 montent dans des autobus en direction du site mystère. L'arrivée est festive. Tout le monde s'installe avec leurs chaises, nappes et vaisselle. Ballons blancs, lumières... La scène attirait d'ailleurs le regard. Plusieurs passants sur le boulevard Charest s'arrêtaient pour prendre des clichés. 
Après le repas, que les participants peuvent aussi apporter, la salle à manger en plein air prend les allures d'une piste de danse géante. DJ, percussionnistes et sculpteurs de glace promettaient jeudi d'en mettre plein la vue. Sur le coup de 21h30, les invités tout de blanc vêtus allument des feux de Bengale. À 23h, «tout le monde remballe». 
Pour le plaisir
Il n'y a pas de cause rattachée à l'événement, mise à part celle d'avoir du plaisir. «Souvent ce genre d'événements est au profit d'une fondation X, mais ici, c'est vraiment pour le plaisir de se faire plaisir, on garde d'ailleurs le prix d'inscription très bas. C'est une fête du plaisir», résume André Auger. 
Il en coûte une quarantaine de dollars pour prendre part au rassemblement, mais encore faut-il avoir son accès. Les anciens participants et leurs invités ont priorité et sinon, il est possible d'ajouter son nom à la liste d'attente. Le nombre d'entrées est limité à 2000 depuis quatre ans. L'activité en est à sa 7e édition dans la capitale. 
L'idée a émergé à Paris il y a 29 ans pour «encourager l'amitié, l'élégance, la galanterie et un sentiment d'appartenance à la communauté». Le Dîner en blanc est aujourd'hui célébré dans 80 villes à travers le monde.