C’était visite de chantier, jeudi, sur le site de construction de l’usine qui permettra, enfin, la récupération des résidus alimentaires dans les foyers de la capitale.
C’était visite de chantier, jeudi, sur le site de construction de l’usine qui permettra, enfin, la récupération des résidus alimentaires dans les foyers de la capitale.

L’usine de biométhanisation complétée à 40% [PHOTOS ET VIDÉO]

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Malgré l’arrêt du chantier pendant deux mois au printemps en raison de la COVID, l’usine de biométhanisation de 190 millions $ de la Ville de Québec sera en fonction comme prévu en 2022.

C’était visite de chantier, jeudi, sur le site de construction de l’usine qui permettra, enfin, la récupération des résidus alimentaires dans les foyers de la capitale.

Le maire de Québec se réjouit de l’avancement des travaux complétés à 40% même si la pandémie y a mis un frein momentanément au printemps. Il se réjouit surtout que l’ouverture des soumissions permet de croire au respect de l’enveloppe initiale de 190 millions $.

«On est dans les prix. C’est serré (…) mais l’équipe travaille là-dessus. Il reste 10% des contrats à donner et à date on est pile-poil dans le budget.»

Une fois construite, il faudra ensuite s’atteler à la tâche pour s’assurer de la participation des citoyens. «Le prochain grand défi c’est de faire de l’information et de la sensibilisation pour que les gens adhèrent», insiste la conseillère Suzanne Verreault, responsable de l’Environnement. L’objectif de la Ville est de valoriser 82% des résidus alimentaires. La campagne menée pourrait être à l’image de celle faite pour la récupération lorsque les bacs bleus sont apparus.

En 2019, on apprenait que le budget passait de 124 à 190 millions $, notamment en raison du choix de la collecte. Le transport des résidus alimentaires se fera dans les mêmes camions que les sacs d’ordures. Le tri sera effectué dans un bâtiment annexé à l’usine de biométhanisation. 

L’avantage de cette option est d’éliminer une collecte supplémentaire, impliquant l’ajout de camions de récupération sur les routes. Cependant, elle oblige un investissement additionnel de 31 millions $ pour les technologies qui serviront à séparer les sacs d’ordures et les sacs de résidus dans le futur centre de tri.

Au printemps, la Ville a octroyé un contrat à une entreprise de Plessisville pour développer un sac destiné à la collecte des matières résiduelles. Outre la couleur qui le distinguera, il doit être suffisamment résistant, mais sans l’être trop, pour permettre à la machinerie de l’éventrer et de récupérer les résidus qui s’y trouvent pour transformation. En plus, le sac doit aussi pouvoir être valorisé. Des tests sont en cours.

Le maire de Québec Régis Labeaume, accompagné des députés fédéral et provincial de Louis-Hébert, Joël Lightbound et Geneviève Guilbault 

L’usine est érigée près de l’usine de traitement des eaux du secteur d’Estimauville. Les boues usées seront également traitées par l’usine. 

L’usine de biométhanisation pourra traiter annuellement 96 000 tonnes de boues municipales et 86 000 tonnes de résidus alimentaires. L’amélioration du procédé de traitement permet d’augmenter de 50 % la production de gaz naturel qui sera vendu par la Ville grâce à une entente avec Énergir qui lui garantit un revenu de vente de gaz de 100 millions $ sur 20 ans plutôt que les 20 millions $ prévus au départ.

Qu’est-ce que la biométhanisation? 

La Biométhanisation ou digestion anaérobie, est un processus de décomposition biologique contrôlé qui se déroule sans oxygène et qui génère du biogaz convertible en énergie et un résidu solide valorisable appelé digestat. Ce digestat provient des résidus alimentaires et des boues de l’usine de traitement des eaux usées. (Tirée du site de la Ville de Québec)