Frank Pons, directeur du Carré des affaires Banque nationale, Yves Bourget, pdg de la Fondation de l’Université Laval, Véronique Girard, directrice générale du Squat Basse-Ville, et Bruno Marchand, directeur de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches étaient présents lors de l’annonce du programme, lundi.

L'UL et Centraide s'unissent pour le communautaire

Attraction, recrutement, rétention du personnel, recherche de financement, reddition de compte, gestion de crise… Pas facile de diriger un organisme communautaire, surtout si on n’a pas de formation en gestion. Pour mieux outiller les gestionnaires de ces organismes, une formation adaptée à leur réalité leur sera offerte, fruit d’une collaboration entre Centraide Québec Chaudière-Appalaches et le Carré des affaires de la Faculté des sciences de l’administration (FSA) de l’Université Laval.

Cette formation sera «sécurisante» pour la directrice de SQUAT Basse-Ville, Véronique Girard. «Mon vécu comme gestionnaire d’OBNL est un peu celui de beaucoup d’autres gestionnaires d’organismes. On arrive dans une situation où notre gestionnaire quitte de manière impromptue, sans qu’on s’y attende, et on a des gros souliers à chausser», a souligné en conférence de presse celle qui dirige «beaucoup par instinct» son organisme depuis cinq ans. 

Selon elle, un des plus grands défis des organismes communautaires, c’est la rétention du personnel. «Souvent, on a comme employés des étudiants qui sortent de l’école, qui vont commencer dans le communautaire mais qui vont partir ensuite vers le réseau parce que les conditions de travail sont beaucoup plus attractives», a précisé Mme Girard en marge de la conférence de presse. 

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Le financement est aussi un enjeu de tous les instants, a-t-elle ajouté. «C’est un défi continuel pour tous les organismes d’aller chercher du financement qui est récurrent. Chez nous, par exemple, notre liste compte actuellement 14 bailleurs de fonds, donc c’est 14 demandes à faire, 14 redditions de compte à faire… Là-dessus, j’en ai quatre ou cinq qui sont récurrents année après année, mais pour les autres, c’est un défi d’aller en chercher des nouveaux», a exposé la directrice de SQUAT Basse-Ville. 

Intervenante de formation, Véronique Girard n’a pas appris à faire de la gestion de ressources humaines ou de la comptabilité. «Je le fais avec mon cœur et avec ce que ma tête me dit, mais je ne le fais pas avec mes connaissances, qui sont limitées. On va googler beaucoup de questions pour savoir si on a le droit de faire ci ou ça. Ou on engage des firmes externes, mais c’est encore des sous qui sont dépensés et qu’on aurait pas besoin de dépenser si on était formé», a souligné Mme Girard, qui se réjouit de la nouvelle formation de Centraide et du Carré des affaires de la FSA ULaval-Banque nationale annoncée lundi.

D’une durée de 10 mois, avec un thème par mois, cette formation «collée sur la réalité des organismes communautaires» sera offerte à coût réduit afin de permettre à plus de gens possible d’y participer, a indiqué le directeur du Carré des affaires de la FSA ULaval-Banque nationale, Frank Pons. Deux cohortes de 30 gestionnaires sont attendues chaque année. Le programme sera d’abord offert à compter d’octobre 2019 aux organisations affiliées à Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, pour ensuite être ouvert aux autres organisations. 

Selon le président directeur-général de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, Bruno Marchand, les défis que les gestionnaires d’organismes communautaires ont à relever sont «immenses». 

«Un directeur d’organisme communautaire, c’est en général un v-p administratif, un v-p communications, un v-p reddition de compte, un v-p recherche de financement, un gestionnaire d’activités, un gestionnaire des ressources humaines, bref, c’est quelqu’un qui coiffe une multitude de chapeaux, qui le fait d’une manière extraordinaire mais qui a aussi parfois besoin de bonifier ses pratiques et de rester à jour de façon à ce que l’organisation soit le mieux gérée possible», a résumé M. Marchand, précisant que la formation vise autant les gestionnaires actuels que futurs, l’objectif étant aussi de développer une relève «qualifiée et préparée».