Des histoires de familles, Louis-Guy Lemieux en connaissait des dizaines. Ses textes sur les 30 patronymes les plus courants sur le territoire de couverture du Soleil ont été publiés aux éditions Septentrion en 2006.

Louis-Guy Lemieux 1945-2018: en paix à l’heure des adieux

« Je pars pour mon grand voyage le sourire aux lèvres », disait jeudi Louis-Guy Lemieux, quelques heures avant de mourir.

Loin d’être dans un état second, comme on s’y attendrait en rendant visite à une personne aux soins palliatifs, le collègue Louis-Guy, 73 ans, était pleinement conscient de son choix d’avoir demandé l’aide médicale à mourir.

«Je suis né au Jeffery Hale qui était sur Saint-Cyrille à l’époque [boulevard René-Lévesque]. Et je viens mourir dans la même institution déménagée sur le chemin Sainte-Foy. La vie est drôlement faite», raconte-t-il au moment où il boucle la boucle.

Sa première question portait sur Le Soleil où il a œuvré de 1967 à 2009. Il avait commencé sa carrière au journal L’Événement en 1966. Même à la retraite, il a poursuivi une chronique hebdomadaire sur les noms des rues de la ville jusqu’en 2011.

«Tu sais, lance-t-il, j’ai vécu le plus beau métier du monde. J’ai été heureux pendant toutes ces années-là.» Et il demande comment vont les collègues. Il parle de certains qui sont à la retraite et des autres qui occupent de nouvelles fonctions.

Comme il a toujours eu un grand talent de conteur, il se remémorait des histoires de ses parents et de ses grands-parents, tout en parlant de ses frères et de ses sœurs.

Les histoires de familles, Louis-Guy en connaissait des dizaines. Il a rédigé pendant des semaines celles des grandes familles du Québec, sur les ancêtres et leurs descendants. Ses textes sur les 30 patronymes les plus courants sur le territoire de couverture du Soleil ont été publiés aux éditions Septentrion en 2006. «Je reçois encore des droits d’auteur», ajoute-t-il, toujours souriant.

Tant qu’à écrire sur l’histoire, il a rédigé les grandes étapes de «son» journal lorsque le quotidien de Québec a fêté son centenaire en décembre 1996. Un travail de recherche colossal, un exercice de longue haleine qui lui plaisait. Certainement moins stressant que d’affronter l’ordinateur sur lequel il devrait tout écrire.

Reporter, critique de littérature, de cinéma et chroniqueur urbain, il a connu les belles années du journalisme en étant aux premières loges des grands événements. Il se répète : «J’ai été heureux dans ce métier que j’adore».

Quant au cancer qui a suivi un AVC et plusieurs opérations, il savait que c’était la conséquence de ses années de fumeur. Il n’y avait aucune chance de guérison. 

 «J’ai cessé de fumer il y a 12 ans, à la suite d’une gageure avec ma copine Marise. Elle m’a mis au défi. J’ai tenu bon!»

C’est pleinement conscient qu’il a choisi de passer outre la chimiothérapie. Il a choisi de ne pas souffrir. «Je pars en paix ! Tu diras bonjour aux collègues au journal.»

Adieu, Louis-Guy, nous savons que ton passage se termine dans la sérénité.