La sculpture Dialogue avec l'histoire de Jean-Pierre Raynaud, qui se trouvait à la place de Paris, a été démolie par la Ville dans la controverse, en 2015.

L'oeuvre Dialogue avec l'histoire renaîtra... plus imposante

L'avocat Marc Bellemare fera construire à ses frais une reproduction plus imposante de Dialogue avec l'histoire de Jean-Pierre Raynaud, la fameuse sculpture en cube blanc du Vieux-Port démolie par la Ville dans la controverse, en 2015.
Tel qu'annoncé par Le Soleil la semaine dernière, l'artiste français Jean-Pierre Raynaud est de passage dans la Capitale-Nationale à l'invitation du Club des collectionneurs de Québec. Tout juste arrivé en ville, le créateur de Dialogue avec l'histoire a profité d'un point de presse, dimanche, pour annoncer qu'il avait accepté de céder l'ensemble de ses droits moraux sur l'oeuvre détruite par Québec en juin 2015 à Marc Bellemare. L'avocat, en échange, s'engage à faire sculpter à ses frais Autoportrait, une reproduction de plus grande taille que l'original, dont les plans ont été dévoilés dimanche. 
«Dès mes premiers contacts avec Marc Bellemare, nous étions sur la même longueur d'onde. On ne peut pas changer ce qui s'est passé ici il y a deux ans, mais quelque chose peut renaître de ce drame», a mentionné l'artiste plasticien de 78 ans, rappelant tout de même le caractère unique de la destruction de son oeuvre. Il avait alors appris la nouvelle dans les journaux, une fois sa sculpture réduite en poussière.
Plutôt que des cubes de bétons recouverts de plaques de marbre, Autoportrait sera faite de panneaux de Corian installés sur une structure de métal. Les sculpteurs québécois Jean-Pierre Morin et Ludovic Boney seront chargés de la confection. La nouvelle sculpture, qui coûtera environ 200 000 $ à construire à son propriétaire, pourra être installée n'importe où en Amérique du Nord, selon le contrat avec M. Raynaud. 
Un endroit à trouver
«Mon but est de la construire puis signer un bail avec quelqu'un pouvant l'héberger, que ce soit un musée, une institution municipale, provinciale ou même un siège social d'une entreprise privée», a expliqué Marc Bellemare. N'empêche, il tentera en premier lieu de garder l'oeuvre à Québec. «Il y a eu une erreur, il y a deux ans. On a démoli une oeuvre d'art, qui était quand même un cadeau de la ville de Paris. Aujourd'hui, c'est le jour 1 de la nouvelle oeuvre. Il faut trouver un endroit et l'on ne fera pas ça publiquement. Si Québec n'est pas intéressé, on n'aura pas de difficulté à trouver un endroit dans une autre grande ville nord-américaine.»
«Ce serait une belle histoire si la renaissance a lieu dans la ville où il y a eu ce drame, mais on ne veut pas se battre contre l'hostilité. On verra si la ville de Québec se manifeste dans les prochains jours», a pour sa part pointé Jean-Pierre Raynaud, qui donnera une conférence gratuite à l'ENAP, lundi, à 19h, puis sera au Musée de la civilisation pour une discussion publique sur son grand ami Hergé, jeudi, à 19h.