L'extravagant projet de Perry Wong pour l'ancien zoo

Le promoteur immobilier Perry Wong est choqué par la décision de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), qui refuse son projet de parc thématique sur les terrains de l'ancien jardin zoologique. Il assure avoir les fonds nécessaires et que son projet est viable pour la région.
<p>Depuis l'été 2014, lors du lancement de l'appel de proposition, Perry Wong affirme avoir investi plusieurs centaines de milliers de dollars dans l'aventure, notamment pour la réalisation de trois études de faisabilité.</p>
Joint par Le Soleil, M. Wong confirme avoir appris jeudi dans une lettre de la SEPAQ que son idée n'était pas retenue, et ce, après plusieurs mois d'attente. «C'est dommage pour Québec. C'est un projet rassembleur et c'était un investissement entièrement privé [pour la première phrase]. C'est incompréhensible comme décision», affirme-t-il, ébranlé par la tournure des événements. «Je travaille sur ça depuis 2001.»
Depuis l'été 2014, lors du lancement de l'appel de proposition, M. Wong affirme avoir investi plusieurs centaines de milliers de dollars dans l'aventure, notamment pour la réalisation de trois études de faisabilité. «À 400 000 visiteurs par année, avec un prix moyen de 29,71 $, j'avais environ 1,2 million$ de profit, et le chiffre d'affaires était de 14,5 millions $», note l'homme d'affaires. «Je payais en plus 5 millions $ en impôt et en taxes à la Ville de Québec et aux gouvernements provincial et fédéral.»
Rappelons qu'à l'origine, trois projets avaient été retenus par la SEPAQ. Des trois, la seule suggestion analysée a été celle du parc thématique.
Ouverture prévue en 2018
Selon nos informations, la première phase du projet de M. Wong était évaluée à 30 millions $ et consistait à développer les 1,7 million de pieds carrés de terrain de l'ancien zoo. Le promoteur devait prendre possession des terrains le 1er mai. Le parc, baptisé Ainsi La Vie, devait ouvrir ses portes en 2018. 
«Au final, il s'agissait d'un projet sur 25 à 30 ans, de 750 millions $, avec 36 thèmes. Le parc aurait pu atteindre 22 millions de pieds carrés», explique M. Wong, qui garde espoir de voir un jour son rêve prendre forme. «Si ce n'est pas à Québec, cela va être ailleurs», dit-il, ajoutant avoir déjà environ «170 personnages, notamment la famille Molo et des héros comme Gardeman pour animer son site».
Pour la première phase, selon les plans qu'a obtenu Le Soleil, le parc thématique devait compter sept attractions : un Coliseum d'environ 7500 places offrant des spectacles médiévaux, l'Hôtel de Glace en hiver, un insectarium de 10 000 insectes avec une volière, le Fort Bravoure qui est un circuit d'entraînement de type militaire, une douzaine de manèges, la salle de spectacle Molo et le carrousel de la vie. Le plan prévoyait aussi cinq restaurants et trois trains qui allaient permettre aux visiteurs de traverser le site.
Dans la deuxième phase, le promoteur prévoyait notamment 45 millions $ pour la construction d'un édifice de 30 étages en forme de sapin, nommée le Sapin de la capitale mondiale de la neige. Chacune des 24 boules de Noël hébergeait une salle à manger pouvant accueillir entre 16 et 20 personnes. 
«C'est unique comme concept au monde. Cela serait devenu un emblème international», soutient celui qui est également propriétaire d'une franchise CENTURY 21 Premier Choix. L'homme d'affaires n'a pas voulu confirmer nos informations pour les autres attractions. Afin de réaliser cet édifice, M. Wong demandait toutefois l'aide du gouvernement fédéral. 
«Pas trop gros pour Québec»
Une troisième phase, qui comprenait notamment la construction d'un hôtel, était aussi prévue, elle nécessitait toutefois des terrains du côté ouest de l'autoroute Laurentienne. Entre l'autoroute, le promoteur envisageait la construction de l'attraction La Grande porte du Nord, un passage reliant les deux sites du parc et représentant l'hiver. Au total, le projet comptait cinq phases.
Après plusieurs mois de travail acharné, M. Wong déplore la lenteur du processus et aussi le fait de ne pas avoir pu présenter son projet au maire de Québec, Régis Labeaume. 
«Ce n'était pas un projet trop gros pour Québec. J'avoue que cela fait peur, mais c'est moi qui prends le risque. Je n'ai même pas pu le présenter au maire ni à l'ancien ministre [responsable de la région de la Capitale-Nationale], Sam Hamad», déplore-t-il. «Il faut arrêter de penser petit. On voulait faire de Québec une plateforme internationale.»
Une présentation du projet dans son ensemble aura lieu jeudi, à 10h30, à l'Hôtel Four Points By Sheraton. Une vidéo du projet sera présentée.
La CCNQ veut élargir le parc des Moulins
La Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) a déjà envisagé d'élargir son parc des Moulins. Elle travaillera sur cette idée maintenant que l'appel de propositions pour les terrains de l'ancien zoo a abouti dans un cul-de-sac. Le ministre et député de Charlesbourg François Blais a suggéré, jeudi, que l'accès au parc soit élargi dans l'attente qu'un projet plus permanent vienne s'installer sur les terrains de l'ex-jardin zoologique. Une bonne partie des lots appartiennent à la CCNQ. La présidente de l'organisme, Mme Françoise Mercure, «a toujours eu des intentions d'augmenter l'accessibilité», explique Anne--Marie Gauthier, -porte-parole à la CCNQ. «Vu le processus d'appel de propositions (pour des projets au jardin zoologique), on avait mis nos intentions sur la glace en attendant le résultat. Notre intention est de réactiver ce dossier pour augmenter l'accessibilité au parc.»  Simon Boivin