Le conseil municipal de Sainte-Brigitte-de-Laval a mandaté une firme spécialisée de faire état de la gestion de l'ancien directeur général Gaétan Bussières.

L'ex-greffier de Sainte-Brigitte clame avoir été congédié par vengeance

L'ancien directeur des affaires juridiques et greffier de Sainte-Brigitte-de-Laval affirme avoir été la cible d'une «vengeance politique orchestrée» par la mairesse Wanita Daniele, lorsqu'il a été congédié par le conseil municipal, le 10 février dernier.
Me Sylvain Déry conteste son congédiement devant la Commission des relations du travail (CRT), tout comme l'ancien directeur général Gaétan Bussières. Auprès de la CRT, Le Soleil a obtenu copie du sommaire des faits qui auraient mené, selon Me Déry, à son départ précipité.
Dans ces documents, Me Déry affirme avoir été pris à partie par des candidats de l'équipe de la mairesse, Alain Dufresne et Marie-Ève Racine, ainsi que par Mme Daniele, le jour du scrutin, le 3 novembre, sur les lieux du bureau de vote.
Selon la version des faits de Me Déry, Mme Daniele lui aurait mentionné qu'elle doutait de son intégrité en tant que directeur de scrutin.
En octobre dernier, en pleine campagne électorale, Mme Daniele avait aussi dénoncé la décision de la Ville de dévoiler l'indemnité de départ de 36 mois de salaire qu'elle avait obtenue en avril 2012 quand elle avait quitté son poste de directrice de l'aménagement du territoire de la municipalité. Elle avait alors reproché aux administrateurs municipaux de vouloir nuire à sa campagne.
Le 22 novembre, après l'élection, la mairesse aurait sermonné Me Déry pour avoir coulé la fameuse entente de départ.
Me Déry reconnaît avoir divulgué ces renseignements, le 11 octobre dernier, à la suite de demandes d'accès à l'information distinctes formulées le 14 août par la journaliste du Journal de Québec Marianne White et le 8 octobre par le candidat à la mairie et ancien maire de Sainte-Brigitte-de-Laval Pierre Vallée.
Victime d'actes vexatoires répétés
Me Déry affirme que l'ambiance de travail s'est nettement détériorée à partir du 9 décembre, date de la suspension sans salaire du directeur général de l'époque, Gaétan Bussières. Le remplaçant de ce dernier, Serge Demers, était un «bénévole très impliqué» de la campagne de Mme Daniele, souligne
Me Déry. M. Demers aurait notamment déclaré au greffier qu'il existait des «problèmes de transparence et de démocratie» à Sainte-Brigitte-de-Laval sous le précédent conseil.
Me Déry estime avoir été «isolé professionnellement par vengeance politique». Dans une mise en demeure envoyée à son employeur, il dit être victime «d'actes vexatoires, répétés, qui affectaient [son] intégrité personnelle et professionnelle ainsi que [sa] dignité».
Dans la période des Fêtes, Me Déry dit avoir perdu ses accès
à la mairie. M. Demers et Mme Daniele auraient, selon lui, fouillé dans ses courriels et le contenu de son ordinateur, ainsi que dans son classeur. Le 7 janvier, son médecin le plaçait en arrêt de travail, en raison d'un «trouble d'adaptation».
Le conseil l'a suspendu puis congédié le 10 février pour une foule de motifs, dont insubordination, incompétence, manque de loyauté, utilisation des ressources de la Ville à des fins personnelles et pour avoir trompé les élus.